Mise à jour
Dernière Nouvelle: Prochaine exposition Sous La Tente Samedi 18 Février 2012. Joseph Maureso présentera un travail inédit.
Sous La Tente: 28 rue Bouquière 33000 Bordeaux (France) 33 (0)6 47 63 34 75
Un lieu indépendant destiné à des expositions ponctuelles, des rencontres, des lectures, concerts et la présentation d'œuvres, ouvrages, matériels & idées. Inauguré avec l'exposition personnelle le 28 juin 2008 de l'artiste franco-péruvienne Rustha Luna Pozzi-Escot ce projet dans le temps tentera de satisfaire plusieurs vocations. Les manifestations se déroulent dans la pièce qui sert de rangement à mes travaux (Depuis 2011 et les t dernières expositions la pièce est maintenant totalement vide), dans l'Atelier que je partage avec les créatrices: Malvina Lawrie (Bijoux) et Carine Tarin (Céramiques).(Malvina Lawrie a quitté l'atelier en Septembre 2011). Marie-Madeleine Lacoste (Plasticienne) Marlaine Bournel (Plasticienne) et La Chiffonnerie (Association) sont dans la place depuis cette date.
L'atelier est Ouvert/Open au public; du lundi au samedi et parfois le dimanche (entrée libre ou sur rendez-vous)
28 rue Bouquière (intersection rue Buhan et rue Bouquière.. proche Place Ferdinand Lafargue et Rue Saint James/ Grosse Cloche) dans le centre ville quartier Saint-Paul à Bordeaux (tramway: ligne A arrêt: Place du Palais ou Sainte-Catherine).
SLT est une histoire d'individu. Je suis "artiste" (à la retraite de l'art depuis mai 2011), auteur et passionné d'art et de littérature. Comme je me méfie de trois choses; dixit un anonyme catalan du XI siècle: Le courant d'air, la chair deux fois cuite, l'ami(e) réconcilié(e), je tiens aussi à trois choses: Un peu d'indépendance vis à vis des Pouvoirs, la liberté d'expression & des idées, la rencontre pour des liaisons utopiques, extraordinaires, décevantes. Je tiens aussi à trois autres choses: Éviter d'être prisonnier inconscient d'un système subventionné, me fâcher le plus rapidement possible avec les opportunistes bas de gamme (liste sur demande contre une enveloppe timbrée) montrer le travail de jeunes artistes prometteurs et de vieux artistes encore plus prometteurs. Je compose et propose le programme (Marlaine Bournel plasticienne bordelaise programme un cycle aussi depuis 2010). En 2011/2012 Plusieurs autres artistes/Sous La Tentiste viendront présenter le travail d'autres créateurs de leur choix. adensI, William Acin, Anne Dubois-Kremer, Franck Garcia ont accepté la proposition (adensI a présenté Régis Perray, Franck Garcia a présenté Lionel Buisson, William Acin a présenté Sarah Barthe)
SLT, les artistes invités acceptent de présenter une ou plusieurs œuvres originales ou inédites, jamais montrées auparavant à Bordeaux, sous une tente, mise à leur disposition, qu'ils apportent, ou inventent (néanmoins cette idée d'origine va, je pense, progressivement, se fondre au concept de Sous La Tente, jusqu'à la disparition complète de la tente). (En 2009 La tente a disparu, le lieu dans son intégralité a gardé le nom de Sous La Tente.) Les artistes acceptent de proposer une exposition dans un lieu déjà investi par une œuvre stockée, qui reste visible (ou est occultée) et qui profitera aussi de leurs éclairages. Ils acceptent de dévoiler sans aucune autre forme de reconnaissance que celle que pourra leur apporter les visiteurs et l'organisateur. Une forme de mécénat pourra être envisagée (une série de cartes imprimées est offerte par Artena/Marseille. Sa vente permettra de faire imprimer d'autres cartes) Les 4 cartes-postales (adensI, Anne Dubois-Kremer, William Acin, Marlaine Bournel sont d'hors et déjà disponibles par correspondance contre la somme de 10 euros port-compris chéque à libeller à l'ordre de Christophe Massé. Si elle peut s'adapter à l'esprit d'indépendance totale voulue. Elle permettra dans ce cas d'inviter des artistes d'horizons plus lointains. Je tente d'organiser une programmation cohérente qui puisse tenir compte, et des travaux d'artistes que j'aime, et des personnalités que j'apprécie pour diverses raisons: anticonformisme, une certaine légèreté, érudition, position dans la cité, travail formidable, jeunesse, souffrance etc.. on pourra dire: de la personnalité et de vrai(e)s artistes.
ATTENTION ! L'exposition dure une journée; de 10h ou 11h (11h aujourd'hui) à 19h ou 20h ou 21h, (21h avec débordement aujourd'hui) en principe le 28 du mois et pour les "off" un autre jour. Il suffit de consulter le blog Christophe Massé chroniques et informations pour être informé des jours, heures exacts ou de se rendre sur le Facebook/Sous La Tente (officiel) ou Facebook/Sous La Tente géré par adensI. Ou envoyer un e-mail christophe.masse@neuf.fr pour recevoir les invitations.
SLT est un terrain d'exploration, de camping, une piste d'atterrissage, un laboratoire pour des essais, un abri, un refuge, une annexe, un hangar, un puits, une mine, un igloo, un bunker; un espace à s'approprier et un pont entre une ville et une autre pour un(e) ou des artiste(s) (à l'instar des expositions "Bordeaux/Cologne:Une rencontre" (2006) et "Autres de Barcelone" (2007) pensées pour réunir à Bordeaux un fragment de création européenne. Sous La Tente est le premier volet d'une entreprise entièrement libre, un chapitre d'un projet au long cours, mêlant les arts alternatifs et indépendants à la pépinière artistique bordelaise comme à celle européenne et au delà, certains artistes déjà reconnus par leurs pairs, auteurs, vidéastes et autres.. dans le champ de la création sous toutes ses formes.. avec les moyens dont je peux disposer sur le moment. Sous La Tente ressemblera aux expositions que j'ai pu organiser dans des appartements & autres lieux désaffectés dans les années 80'.. avec aujourd'hui l'idée d'un petit club d'intrépides... "à la désobéissance héroïque"
SLT se pense aussi comme une manifestation simple, exigeante et intimiste qui propose à un public de découvrir une œuvre en prenant le temps.
SLT ne va pas épater la Galerie. Du vin est offert aux visiteurs (on va dire avec modération), du café, de l'eau. Les visiteurs ne vont pas forcément trouver dans cet espace toute la convivialité leur permettant d'être saouls à leur départ. Il peuvent fumer. Il n'y aura pas de vernissage officiel. A un certain moment, L'artiste quand il est présent parlera de son travail et de la genèse du projet. En son absence, je tenterai d'en donner une version. Concernant la formule vernissage il n'est pas exclu que des moments fraternels soient envisagés. (Je cherche un temps précis.. vous serez prévenus..) Une tortilla maison est parfois offerte, ou de la garbure. L'artiste peut avoir des exigences ou apporter des surprises. Certains visiteurs viennent maintenant avec des petites agapes.
SLT intervient suite aux expositions que j'ai organisé à Bordeaux depuis mon arrivée dans cette ville, avec la venue d'artistes européens ou vivant dans des métropoles européennes comme : Claus Dieter Geissler, André Jolles (Execution Ground), Marja Van Den Berk (Pluriversum), Dorothée Freitag, Hildegard M Wilms, Hiro Matsuoka, René Böll, Toung Phong, Benedetta Reuter, Alfred Mauve, Martine Saurel, Laurent Jacob, Cathryn Muryn, Alex Zitzman, Margot Van Ham, et d'autres bordelais, aquitains ou hexagonaux; Yasmine Chettouh, Mélanie Gribinski, Richard Meier (Voix éditions), Fabrice Beghin, Joss Burke, Christian Delécluse, Richard Biardeau, Franck Garcia, Jo Brouillon, Jofo, Isidore Krapo, Alain Gestin, Laure Goutier, Clorinde Bloc, Patrick Roy, Olivier Perriolat, Carine Tarin, Estelle Séré, Francine Zubeil (La Fabrique Sensible), Sabah el Jabli, Bernard Puech, Marylène, Aude Lys de Bon, Christophe Decourt, Francesca Caruana di Malta qui m'ont fait le plaisir et l'honneur de me confier des œuvres pour des expositions de un à quatre jours dans des lieux différents: Hangar en Bois (novembre 2006), Atelier Krapo (année 2007), LaNouvelleGalerie (novembre 2007).
SLT à Bordeaux est une exposition d'un jour, d'un artiste, d'une oeuvre, cette idée remonte à la première exposition de ce type que j'ai organisé en 1985 à Paris chez Fog Lilas et qui englobe l'idée de ponctualité chère à toutes premières interventions pratiquées avec Bernard Marti, Michel Fores, Christine Costecèque dans les 80' dans des lieux abandonnés, sur des plages ou appartements. A Bordeaux Isidore Krapo dans son Atelier propose une programmation mensuelle d'une journée vis à vis de laquelle je me suis senti trés proche dés mon arrivée dans la ville en 1998.
Pour des évènements nécessitant plus de place; Sous La Tente sortira le chapiteau.
Sous La Tente partira aussi à travers mes expositions personnelles (Le Journal de la Traversée au Kunsthaus Rhenania à Cologne (Germany) en 2010 et MasséX3: une passion pour l'Art et la Littérature à Lormont (Gironde) en 2011) J'ai pensé présenter chaque fois lors de mes déplacements à l'Étranger une œuvre des artistes que j'expose, quand l'occasion se présentera et avec le consentement de l'artiste et de la structure d'accueil.
Je suis toujours disponible pour rencontrer les personnes désireuses de me parler de leur travail dans un premier temps, de regarder le travail plus tard et d'en donner mon point de vue, éventuellement de présenter le travail et l'artiste. Aujourd'hui sur rendez-vous uniquement.
expositions Sous La Tente depuis juin 2008
+1 RUSTHA LUNA POZZI-ESCOT
Rustha Luna Pozzi-Escot a exposé deux oeuvres Sous La Tente pour son exposition personnelle le 28 Juin 2008.
L'artiste m'a confié par la suite une autre oeuvre pour l'exposition collective "à côté" Sous La Tente en décembre 2009 et une oeuvre en avril 2010, que j'ai présenté au Kunsthaus Rhenania à Cologne (Allemagne) pour l'exposition :Le Journal de La Traversée.
Rustha Luna Pozzi-Escot: Une femme du Monde (par Christophe Massé 1 mai 2008)
En randonnant sur Internet au hasard des pages parcourues du site de Rustha Luna, j'ai été frappé tout de suite par le fort caractère des œuvres divulguées. J'ai ressenti cette présence qui m'enchante toujours dans ma découverte d'un nouveau travail. Des ondes positives qui vous font hocher la tête, l'omniprésence de l'idée d'idées. Je me suis senti lentement imprégné par ces images et ma première impression, ce jour là.. se métamorphosa en un besoin d'aller plus loin. L'idée que l'on se fait d'une œuvre, peut être fausse ou simplement naïve, pourtant véhiculée par le moteur d'une pensée qui principalement me semblait être, non pas un mélange d'idées duquel aurait émergé une série de concepts artistiques, mais la judicieuse utilisation d'un média "clair" dans lequel la femme positionnée comme point de repère, en forme de pointe de compas, donnerait à l'espace alentour un périmètre attribué aux possibles interprétations, sans que pour autant il soit exact de nous éloigner vraiment de la signification que l'artiste voulait en donner. A condition cependant de se trouver dans le magnétisme de la figure et d'être en mesure, sans décrypter sommairement, de se rendre compte.. à l'évidence.. qu'il faut mettre un peu de soi-même pour aller au cœur d'un travail exigent. Ne pas se contenter. Comme ne pas toujours croire que ce que l'on voit est réellement ce que l'on voit.
Dans l'espace de ce mouvement, une gamme de propositions, non pas radicales mais au libre arbitre; oscillant de la provocation à l'humour, pleine de poésie, conduisant au plaisir esthétique, lui-même débarrassé de la gêne et du flou artistique émergent comme autant de pistes à convoiter. Sans déclarer de guerre au point de vue, Rustha Luna s'applique à le redresser et lui donner ses lettres de noblesse. Elle est sérieuse pour provoquer une réaction poético-subversive et inciter ainsi à travers ce que l'on peut qualifier de position ambiguë; l'appréhension d'un phénomène. Comment une femme actuelle peut-elle se faire l'interprète des femmes du monde ? Tout en demeurant au plus prés de son identité, tout en étant très drôle sur les moyens adoptés pour rendre l'image légère. Comme dans un sentiment d'exil lui aussi en osmose avec l'art (avec un a comme air pur) pourrions-nous puiser aujourd'hui matière à la nouveauté ? Reléguant l'aspect folklorique a une prise de position politique et les revendications des femmes au stade du simple militantisme notre société a pipé les dés; Rustha Luna relaye alors à sa façon et crée du lien en passant par des questionnements plus que par l'évidence du jeu de mot, de rôle, et du jeu de piste. Star de quoi ? Femmes d'où ? Effigies pour quand ? Il est parfois utile que des images manufacturées par les artistes soient là pour défendre le point de vue le moins évident. Des serviettes hygiéniques sur lesquelles des drapeaux du monde entier sont brodés à la main par l'artiste, le tout en forme de couvre lit n'est bien évidemment pas créé pour faire de la Politique à la petite semaine.. "Les femmes sont réglées partout dans le monde" dit-elle sur un ton clair, un sourire venant corroborer cette théorie de la nature.. à partir de là.. le drapeau n'est pas forcément l'emblème d'un pays.. il faut comprendre que c'est le même partout. Une histoire de sang peut en cacher une autre. En découvrant cela on découvre autre chose. L'esthétique du propos et l'utilisation des technologies appropriées confèrent au travail une souplesse comme étant la dernière étape d'un processus complexe de fabrication. Ainsi les robes dont elle va s'affubler sont préparées jusqu'au moindre détail dans l'alcôve d'un micro atelier et sur plusieurs champs d'investigation l'artiste amène lentement le propos, soigne le détail comme on fait de ses ongles des œuvres d'art et à la manière de Visconti qui dit-on, n'hésitait pas à enfermer des couverts d'époque dans des tiroirs avant de filmer de façon à donner le maximum d'énergie à la pièce; elle s'occupe aussi de l'envers du décor. Il se passe quelque chose en trois dimensions, mais seule une image plane se portera écho de ce travail magnifique de préparation sous la partie immense de l'iceberg. Costume comme ce kimono cousu main en rondelles de coton démaquillantes ou ces accessoires: nunchaku recouvert de perles, et machette à lame sertie de diamants. Nous nous attaquons là aux outils. Ses outils jadis utilisés au Pérou, période durant laquelle elle apprit le métier de la sculpture. Outils de charpentier et d'ébéniste, de sculpteur sur bois transformés en outils servant la virtualité pour les raisons au départ liées à la culture française. Rustha Luna va conserver ce savoir et le transférer vers une autre planète.
Dans la pelote des possibles de son œuvre, je me suis retrouvé devant un écheveau, j'ai tiré un fil (il paraît que c'est la façon d'agir pour se souvenir de ses rêves le matin..) Tirer sur le fil pour qu'au fur et à mesure puisse se mettre en scène, en piste avec comme principal but de parler des autres. Ce qui fait enfler le paradoxe mais pourtant ne peut pas s'imaginer autrement. Exiger de soi et bouleverser l'image que l'on a de son corps pour parler de ce qui se trouve dans sa tête. Cela tombe assez bien en fait, un fil dépasse.. j'ai tiré et il est apparu des signes quelque peu éloignés les uns des autres mais qui clairement constituent le canevas de la chienne ou la femme en transit, de leur dé-fragmentation à l'exil, le travail peut-être autobiographique, mais aussi parfois changeant ou variant, notre vision peut ne pas se conformer avec celle de l'artiste encore moins avec celle d'autres spectateurs de l'œuvre. Ce fil évoque pour moi une certaine résistance, celle des matériaux utilisés dans de nombreuses pièces qui en serait l'emblématique illustration. Il finit en petit amas rouge au milieu d'une photographie d'elle enfant avançant vers les bras de son père. Le fil dans sa pelote à dénouer, le fil à suivre, le fil a parcourir, celui qui tisse ou dessine d'un point à un autre l'épisodique chemin entre les mers. Encore quelqu'un que je ne connaissais pas, en résistance mais pas en rébellion. Aux commandes d'un travail subtil et puissant à la fois. Immunisé contre les clichés. A prendre en considération que l'on soit homme-femme ou femme-homme, femme-femme ou homme-homme comme les belles choses universelles qui questionnent le sens de la vie et l'endroit où nous mettons les pieds.. sur la terre des hommes.. et des femmes. Rustha Luna: femme du Monde.
NB: Il existe une version de ce texte en espagnol sur le site de l'artiste
+2 CHARLIEWILLIAM
CharlieWilliam ont présenté une installation inédite Sous La Tente le 28 septembre 2008. Le binome m'a proposé une oeuvre originale pour l'exposition collective "à côté" en décembre 2009 Sous La Tente. J'ai apporté un de leur travail (une assiette) à Cologne au Kunsthaus Rhenania à Cologne (Allemagne) en 2010 pour l'exposition Le journal de la Traversée. Depuis j'ai retravaillé avec William Acin.
Le grand mon deux de CharlieWilliam (par Christophe Massé 1 Juillet 2008)
"Attention entrain peut en cacher un autre"
Ils sont drôles, caustiques aussi. On va dire à l'encaustique; quand ils font de leur art un style pour rire sous cape comme on se moque des meubles cirés ou des canapés qui ne quittent pas leur housse en plastique et demeurent dans le salon toute une vie. Eux se font de tout et de l'art en premier, en faisant du leur, une parodie décapante. Certes à la mode : décalage, bizutage, absurdité... mais à la mode de Quand. Moi je dis, à la mode deux mains plus deux mains égale: Charlie Devier, William Acin; la tête qu'il faut. Pourtant à première longue vue et sans Leclerc dans la grisaille; nos deux jeunes (bordelais) donneraient vite la langue du chien pour en déguster une belle de bœuf sauce piquante. L'art ne gave pas son homme (excepté peut-être l'art officiel et le nouvel art actuel: politique/industrie/mafia) et ni Laurel, ni Hardy ne vont remplir l'assiette de Charlie William. C'est justement pour cette raison qu'ils ont décidé de devenir des c'artnivor, un soir d'abb (avant le big band) de mettre dans leur gamelle des vermicelles en typographie l'être en set ringarde pour transformer leur monde (le notre) déjà bien "con" en une parodie bien plus funeste que clownesque, qu'il n'y paraît de prime abord. Vous n'avez qu'à vous pencher sur leur blog pour tomber au pied de l'échelle. Photographies autour d'un thème, détournement, feinte, enlèvement. Le plexus est flatté. Quand la piraterie conserve son charme; entre poésie burlesque et dérapage contrôlable au micro-laser. CharlieWilliam font un peu plus que panser leur Mon deux. Ils le brutalisent, le cataloguent, l'investissent de ce putain de Rien qui nous fait dire: Ah! comme ils ont bien raison. 2013 c'est pire que 2000. C'est pareil. Wharf ! moi j'éclate de rire. Vous pouvez ne pas comprendre.. c'est bien ça qui est drôle, si drôle. Venez vivre à Bordeaux. Nous sommes en France en 2008 (celle qui va être championne olympique de pétanque un jour) et pas loin d'être Champion tout court. Champion comme on va au casino, au champ, à ma mouth, à proxi. Nous sommes presque chef mondial de la culture des o.g.m et peut-être un jour ici à Bordeaux candidate à la candidature (échec et mat dernière minute) de capitale européenne de la culture (pas la notre). Nous sommes au pays des libertés. Devant les supermarchés, des hordes de types avec chiens attendent une petite pièce en vociférant que la vie est moche ou belle. Nous sommes à Bordeaux bien avant 2075 (rétrospective CharlieWilliam, GilbertandGeorge, Franck&Walters, Simenon&Garfunkel: Musée d'art Moderne de la Ville de Paris/Saint-Denis/Bruxelles), alors pourquoi ne pas se gêner et lâcher ses chiens dans le mondoartistico. C'est ce que ce tandem sans chaîne fait sans se présenter Panchounette et sans avaler les références pour autant, ni rigoler jaune des vieilles farces du grand Marcel (belge), encore moins de celles du très grand Marcel D (XLMarcel). Le duo est dans les starting-blocks sans sparring-partners, ni danseuses du ventre. Des ami(e)s dans la presse de l'art, des critiques sous tension, des curateurs inspirés vont les couver prochainement. Il va accoucher de ces deux oisillons: deux autruches la tête déjà dans le sable mouvant. Et qui vole un neuf vole un oeuf.. c'est bien connu. Comment se présentent t-ils ? Assez bien. Ils ont faim. Ils ne lâchent rien. Pas l'assiette, pas le drapeau, pas l'étoile, pas l'Europe, pas la peluche, pas l'emblème, pas la hache ni l'échelle. Ils pyrogravent aussi en ces temps de disette et tranchent dans le polystyrène et l'expansé de cette vie de jeux de mots. Ils vidéotent, photographitent, limassent et ponçatent avec un magnifique fil à couper le leurre. Pour job, Ils taillent des photographies sur mesure (à temps gagné) et certains disent que Charlie plonge la nuit dans le château d'eau pour ramener quelques homards ternis d'or, pendant que William file en Bulgarie pour revenir par Taïpei en pédalo.
Avec Charlie c'est une vieille histoire (nous venions.. enfin plutôt Zidane et Barthez d'être champion du Monde) quand j'ai rencontré le jeune-homme dans un bois entre Boulogne sur mer et Périgueux. En Dordogne, vers Cunèges plus exactement. Comme tous les types qui ont compris que l'école ne servait à presque rien... à part d'en filer au plus vite, il a embrassé la carrière d'artiste (à mi-temps). Condoléances.
Avec William c'est une toute jeune histoire: je ne l'ai jamais rencontré. J'ai juste vu deux fois William, la première fois il se posait des questions concernant le bristol d'une carte de visite, la seconde il conversait avec un sandwich rôti de porc, poulet, hachis parmentier. Juste de lui cette vidéo du bec d'Ambès que j'aime particulièrement dont j'avais attribué à Charlie la paternité. William parle Bulgare, il est maître chat à temps perdu et goûte pour une grande marque alimentaire des croquettes pour les animaux de compagnie. Il s'occupe des relations étrangères du groupe (caméra, éclairage, pyrogravure, musique). Il gagne à être connu.
Leur travail est fait de dérision et d'introspection à quatre mains sur piano sans queue. Ils disent d'ailleurs n'avoir aucun but précis (mon œil) mais par contre vouloir laisser des traces comme celles sauvages des tracteurs (ils doivent confondre le cri de l'orignal (ornière) avec le chant des tracteurs (hors n'hier) dans la Beauce, le Cantal ou la Brie profond. Genre: Tu sais les mecs sur les tracteurs sont des artistes ! qui font des dessins dans les champs.. hi!hi!. Ils proposent quand même une réalité qui se construit par glissements successifs et le Monde un espace à traverser hors piste ! (ça va pas non !) Vous savez pas lire ou quoi ! Le hors piste est interdit dans la station, sur la place idem, et dans les musées .. Vous ne croyez pas qu'on va se coltiner de l'art sans queue ni tête. Nous voulons de l'art qui irrite léger le grincheux, sans salir la moquette à la maison (Oui c'est de la pomme à demi croquée ! dont je parle) Comment le fond régional d'art con va pouvoir un jour entretenir pareille rigolade ! En mandatant un type qui croque une pomme chaque jour .. Va falloir arrêter de ce ... du Monde et commencer à faire un peu d'art généré non ! Vous êtes jeunes les gars.. faut pas bousiller vos cartouches comme ça.. en tirant à balle réelle.. Protégez vous les mecs ! Mangez du kebab (copyright cm). Vous vous faites du mal.. jouez la montre, jouez serrez, faites dans le riquiqui et la... bon zut ! Faites ce que vous voulez... tttttfaçon l'art n'intéresse presque plus personne ! A part Jean Clair et quelques multinationales.
+3 PATRICK RABILLER
Patrick Rabiller a exposé l'intégralité de la collection Zap en 2008 Sous La Tente, il m' a confié la photographie du Ginko pour l'exposition "à côté" avant sa brutale disparition en mars 2010. Photographie que j'ai présenté à Cologne en 2010. Une de ses photographies, le Marcel à la Lune est présentée pour l'exposition: Les trois Massé: Un siécle de passion pour l'Art et la Littérature à Lormont Bois Fleuri en avril/mai 2011.
Patrick Rabiller est un homme discret autant que présent. Il promène son œil droit dans le cadre et qualifie de "in situ du monde" ses prises de vues et de positions. Dans cette collection d'images, l'on retrouve de multiples envies; celle en premier de conserver le lien avec les autres, pour leur fournir matière à garder chez eux un peu de lui. Au chaud l'hiver sur la porte du réfrigérateur, au frais l'hiver punaisées sur les persiennes; elle oscille entre poésie et narration. L'envie aussi de se tenir proche des démarches contemporaines; trouver dans l'inventaire et l'archive, le plaisir de se retrouver face à son entreprise de vie. Photographe et individu subtil, érudit. Les titres comme les timbres pour cette Collection particulière vont dans cette espèce d'espace tenter de proposer une lecture simple, souple et silencieuse en ses temps merveilleux de reprise en main du rêve sur la finance.
Patrick Rabiller: Le Club des Instants (par Christophe Massé le 1er octobre 2008)
"C'est une façon de faire part des moments (que je juge) importants de ma vie, d'aérer mes archives photographiques, et le prétexte à une galéjade " Patrick Rabiller
L'œil a cela de formidable qu'il peut nous permettre en une fraction de seconde de ressentir x émotions. D'essayer ensuite d'en figer une à jamais dans sa mémoire demeure le délicat travail réservé au cerveau. Heureusement l'art de la photographie nous aide dans cette quête. Le photographe va capter son instant et nous le restituer pour que l'on s'en souvienne. C'est épatant ! Surtout lorsque les gris, les noirs et les blancs se combinent. Ce matin, j'ouvre ma boîte aux lettres. Elle est là, entièrement nue, de dos, couchée sur le côté, étendue sur une serviette, genoux ramenés un peu vers l'intérieur, une de ses fesses pratiquement au même niveau qu'une de ses épaules, qui se perd dans une masse de cheveux bruns, masquant aussi sa main qui doit elle, soutenir la tête. Une courbe ahurissante digne des splendides lignes d'Arp ou de Brancusi et tout autour: des dunes, des nuages qui filent dans un ciel lourd de juin, un panier en osier d'où dépasse l'essentiel pour repartir, une paire de baskets alignés sagement côte à côte. Le photographe a saisit la solitude et la sensualité d'un instant et toute sa satisfaction de se retrouver derrière son sujet en observateur, ami ou voyeur éclate au grand jour. Capteur et passeur. Une photographie dans la lignée de cette collection où le fugitif fait la peau à l'anecdotique. Il y a dans ce cliché cette idée d'urgence: Prends là vite ! avant qu'elle ne bouge. Ne me quitte.. On s'entend.. Et une mémoire figée, impeccablement cadrée qui dit aussi sans impatience: On est si bien ! Prends ton temps.. cela va durer toute une journée. Et ressembler à l'amour. C'est une photographie posée dans le fond de ma boîte aux lettres, une belle œuvre de Patrick Rabiller. J'ai eu la joie comme l'honneur d'être fait membre de son club le mois dernier: " Mon cher Christophe. Je sors d'une réunion harassante avec moi-même. J'ai dû opérer quelque sympathique magouille (sport national par les temps qui courent) pour t'introniser membre actif de ma petite entreprise qui ne craint pas la crise. Le Conseil d'Administration, à ma botte, ni verra que du feu. Il sera d'ailleurs fort sympathiquement enchanté de te compter dorénavant sous le numéro 34..." Adhérer au Club, à un règlement ne m'était plus arrivé depuis les années 1974-75 durant lesquelles, j'ai mouillé (avec tellement de joie) le maillot de l'association sportive perpignanaise football-club et celui de l'A.s.s.u Sévigné football club (champion d'académie la même année). A cette époque, j'imaginai un temps intégrer le centre de formation du Racing club de Lens après que des recruteurs soient passés chez mes parents pour m'acheter. Mon père assez opposé au travail (des enfants) refusa et mit un terme à mon aventure en Club. Aujourd'hui dans ce nouveau club, point de compétition, ni de course sous les projecteurs. L'œuvre est au noir, elle se prépare dans l'alcôve et les membres de ce concept nommé ZAP (dérivé de zapitou: happy tout ce que tu veux ! ) sont en fait les heureux réceptionnaires d'une petite (par le format) collection de photographie débutée en 1995 par un jour de paresse excessive dixit l'auteur.. photographie personnelle carte-postalisée (10x15cm brillant + marges), jusqu' à ce jour noir & blanc, certifiée argentique, numérotée (de 01 à 50). L'auteur: Patrick Rabiller, a choisi la correspondance et la Poste pour acheminer ses photographies timbrées de collection ou remarquable. Elles arrivent au gré d'une, annuelle, parfois selon les années, accompagnées d'un Spécial Zap (sorte de bonus), toutes commentées au dos, de sa plume. Celle de ce matin était une façon de nous souhaiter: Bonnes vacances, tout en félicitant pudiquement les ignobles bordelais d'avoir su être dignes aux législatives (second tour of course !). Elles s'adressent à un club prestigieux, composé d'ami(e)s et d'êtres de valeurs, au yeux du Président qui, est-ce utile de le rappeler, seul maître à bord et peut comme sa fonction ne l'y prédispose pas forcément, cesser sans préavis les envois.. Comme dans tout grand club digne de ce nom.. il semble normal autant qu'incontestable qu'un minimum d'efforts (et des plus beaux) soient requis aux membres actifs. Ceux qui font aller-retour: des sentiments, de la poésie universelle.. doivent se secouer, témoigner des vibrations, se risquer en analyse, en démonstration.. car Patrick Rabiller est un homme discret.. on le croise dans les vernissages, il se passionne pour l'art; qu'il soit en tenue de chasseur ou en velours côtelé, son appareil n'est pas porté en bandoulière.. Il saura, si vous usez d'un bon mot, vous décrocher un de ces larges sourires.. ce qui dans ce regard parfois austère fait office de flash et vous révèlera en même temps une facette tendre du talentueux subtilisateur d'instants de vie.
+4 adensI
adensI a exposé pour la première fois "Géopsychographie" Sous La Tente en Octobre 2008, il m'a confié une petite photographie pour l'exposition collective "à côté" en 2009, j'ai utilisé ensuite une photographie pour l'exposition: Le Journal de La Traversée au Kunsthaus Rhenania à Cologne (Germany) en 2010 et une autre pour l'exposition les 3 Massé: Un siécle de passion pour l'Art et la Littérature à Lormont/Bois fleuri en avril/mai 2011. adensI est le second à avoir exposé une seconde fois Sous La Tente; "Je Suis" en Janvier 2011.
Il a réalisé entre autres un des portraits de l'affiche de l'exposition de Lormont, diverses photographies de l'habillage pour Sous La Tente (les cartes-postales et des documents pour la communication interne). Il gère le Facebook/Sous La Tente et prendra une place dans le comité de travail & d'idées Sous La Tente à partir de Septembre 2011. Il a présenté Régis Perray.
adensI: La forme de ce qui n'existe pas (par Christophe Massé 1er octobre 2008)
A Dan Flavin alors !
adensI est un beau mot, une marque de fabrique. Un condensé de plusieurs morceaux de mots qui m'a fait au fil du temps oublier le prénom et le nom de ce jeune homme et le retrouver au prix d'une petite gymnastique cérébrale à laquelle je prends l'habitude en vieillissant, chaque fois que j'ai quelque chose à lui dire ou mettre tout simplement au point avec lui. adensI est de ces personnages qui se sont imposés à moi, alors qu'un énorme nombre de "choses" doivent nous séparer. Ce que je n'avais jamais perçu autrement que comme des photographies s'est aussi matérialisé dans mon imaginaire en un travail plastique documentaire, maintenant geopsychographique et au fil du temps est devenu aussi impératif à suivre que certaines autres oeuvres à consulter au jour le jour, à travers cet étonnant outil qu'est le blog. Si j'aime le journal, l'idée d'autobiographie et l'intimité des gens capables ou susceptibles d'évoquer et de convoquer les énergies poétiques des inventaires; j'aime la rigueur avec laquelle Adensi promène son œil dans les friches inconscientes du matériau, de la substance, de cette diagonale des sentiments qui perfore le plan pour questionner l'histoire de sa construction en se référant aux fondations comme à la résistance des liquides, des matériaux, des lumières et des sens. Promener c'est aussi et c'est ce qui sépare la vision de l'artiste de l'élaboration radicale des maîtres conceptuels, qui parfois vouent à leur verticalité tellement d'ambitieuses récoltes qu'ils omettent de traiter le don qu'est celui d'initier à l'art rare d'aller vers la diagonale. Fan de la strate et du plateau, je dois aussi quelque part être en osmose avec cette idée de profondeur qui passe bien souvent; ni par l'enfouissement et l'exhumation, ni par la sublimation de l'érigé comme de l'érection mais plutôt par cette ascendance à perforer les couches d'un humus entreposé contre un mur qui pourrait à lui seul être un sol comme un ciel. adensi me parle d'une mémoire instantanée qui va disparaître ou tellement vite se retrouver un peu plus loin comme un paysage déjà vu, connu, espéré, senti que j'utilise avec son travail toute la réserve dont je puisse être capable, pour le situer sur le sentier emprunté par ces voyageurs qui glanent et notent sur des calepins reliés, les précieuses observations qui iront un jour rejoindre l'imaginaire de ce qui n'existe pas. Une mémoire pour rien; de la ville et de son environnement. Un travail plastique réel comme une œuvre mature et achevée qui paradoxalement ne fait que commencer.
+5 ANDRé VALENSI
André Valensi Sous La Tente en janvier 2009
André Valensi: (Trois peintures)
Cette présentation de trois œuvres de André Valensi (1947-1999) Sous La Tente débute un cycle. Montrer de temps à autre, le travail d’artistes reconnus et accueillir ainsi une partie d’une collection, un fragment, une exposition en cours, une œuvre inédite, un projet particulier, tout en conservant le principe de ponctualité, mettant en avant l’originalité du travail des années mille neuf cent soixante à nos jours. Un cycle pour rendre aussi hommage à une personne que j’ai connue, et cela indépendamment de l’intérêt ressenti pour sa création.
André Valensi est un artiste dont l’œuvre à l’heure actuelle, pour un nombre de raisons que j’ignore, me semble dispersée. Il va s’agir donc pour cette manifestation d’une journée, d’un éclairage posthume et modeste, à travers trois pièces réalisées dans les années 1970, qui m’appartiennent et que je conserve. Présenter trois travaux caractéristiques de l’œuvre, trois facettes pour un regard particulier sur un être, comme sur une période marquante de l’art français des années 1970.
André Valensi était le plus jeune du groupe Support-Surface et un des théoriciens du groupe. Il a travaillé sur papier, avec des filets et des cordages, sur des toiles toujours libres et a souvent confronté ses travaux à la nature. Enseignant à l’école des Beaux-arts à Perpignan durant les années 1970, il a par sa forte personnalité, marqué un bon nombre d’étudiants. Si j’ai entretenu une relation parfois tendue avec lui (je me souviens l’avoir canardé du haut de mon échafaudage avec tout ce que j’avais pu trouver, plus toutes les munitions de mon pistolet agrafeur, un jour où il était venu remettre en question mes boulots dans mon coin d’atelier du département Art), il n’en demeure pas moins, qu’elle fût toujours empreinte du sentiment d’intelligence qui émanait de l’homme. André Valensi fût un proche de mon père ; adolescent je l’apercevais souvent à la maison puis plus tard donc ; à l’époque où j’ai suivi ses cours.
Par la suite, il m’a emmené écouter mes premiers concerts (Areski, Fontaine, puis Mama Bea et Little Bob). Notre rencontre s’est faite autour de la peinture et de la cuisine de la peinture, il aimait quand je peignais avec des essuie-glace de camion et m’a fait partager ses petites recettes, comme l’utilisation des mordants molaires et d’autres petits secrets d’atelier. Une des toutes premières expositions de la fondation du Château de Jau à Cases de Pène dans les Pyrénées-Orientales lui fût réservée. Je me souviens de l’accrochage des travaux que nous fîmes un jour et une nuit à trois ; Marie-Hélène Rodriguez, André et moi. André était espiègle, il adorait déconner. Et ce soir là nous nous étions beaucoup amusés et j’avais pas mal appris aussi. Ces œuvres sur papier étaient immenses, il était fier du nombre incalculable de passages et du nombre de boites de pastels qu’il avait pu utiliser pour réaliser chacun des cercles, parfois sans centre marqué ou simplement symbolisé par un trou saturé de traces de crayon. Il était heureux de trouver les empreintes de ses baskets sur une immense composition, comme une entorse à son propre règlement. Nous nous étions en pleine nuit trouvés dans les cuisines de Jau, dévorant du gruyère trempé dans de la moutarde.
Je l’ai vu pour la dernière fois au fort de Salses lors d’une des manifestations du come-back de Support-Surface, quelques temps avant que je ne quitte Perpignan définitivement en 1994. Nous avions bu un verre dans la cour du Château, il avait son beau sourire tendre et carnassier à la fois, les cheveux tirés en arrière. Il n’allait pas tarder à partir en Afrique où il est décédé en 1999. Christophe Massé 2009
+6 HUBERT LUCOT
Je suis (ChristM) fan inconditionnel de Monsieur Lucot.
A sa parution en 1984, j’ai lu Langst (POL). J’ai conservé le livre au chaud. Après avoir lu, Hubert Lucot j’ai utilisé le Je (Autant dire tout).
Je n’ai plus rien lu de Hubert Lucot jusqu’en 2000. (Je me suis rendu compte que les livres venaient à moi et pas l’inverse).
Un jour, j’ai osé écrire à Monsieur Lucot.
Pour débuter et inaugurer Délirien la collection dont je m’occupe chez Pierre Mainard, j’ai proposé à Hubert Lucot de publier un journal ; s'il en avait un. A ma grande joie & surprise, il m’a offert Crin inédit (1959/1961).
Que nous sommes quelques-uns (avec l’auteur) à considérer comme l’ouvrage des fondations.
Parution de Crin chez Pierre Mainard, éditeur en 2004.
En 2006, Alain Chanéac m'écrit pour me demander de participer au numéro de la revue littéraire Faire-Part consacré à Hubert Lucot.
Je donne corps à un texte écrit autour de la correspondance que nous entretenons Hubert Lucot et moi (monsieur lucot et le christM) depuis notre rencontre. Dire aussi ce que m'inspire cette oeuvre.
Hubert Lucot me propose de venir lui rendre une visite à Soulac-sur-Mer. Tête à tête. Il m’invite au restaurant dans la forêt. Nous marchons en bordure de l’océan, puis allons prendre un café à Port-Médoc puis une promenade jusqu’à l’embouchure de la Gironde, au bout de la jetée à la pointe de Grave. Il me raconte des histoires, souvenirs, anecdotes. Je trouve l’homme disponible, délicat, charmant et caustique. Avant de partir, j’extirpe de ma poche mon Langst. Il me le dédicace. C’est une des belles journées de ma vie.
Opérateur le néant (POL) est un des plus impressionnants livres que j’ai pu lire.
2007, Hubert Lucot a répondu favorablement à l’invitation de Pierre Mainard, pour une lecture, et la présentation de Crin dans une librairie parisienne.
J’ai vu là pour la seconde fois, un homme profondément simple et humain; au service de ses idées. Il est venu lire ce soir là une composition personnelle inédite. Je le vois encore s'éloigner sur le trottoir dans la nuit. Léger, silhouette massive.
Janvier 2009, Hubert Lucot accepte l'invitation Sous La Tente et le petit concept d’exposition que je lui propose. Il m’écrit : Cher ChristM, vous devez vivre la vie la plus saine qui soit. Le vieil ami. HL. Christophe Massé 2009
Hubert Lucot Sous La Tente le 28 janvier 2009. J'ai ensuite amené un collage à Cologne (Germany) pour l'exposition Le Journal de La Traversée, présenté pour l'exposition "à côté" à Bordeaux un autre fragment de la correspondance et dans le cadre de l'exposition: Les trois Massé à Lormont (Gironde) en avril/mai 2011 présenté les ouvrages de Hubert Lucot, et le livre Bleu de Soulac et de Perpignan (à paraître) réalisé en commun.
Je signale aussi l'excellent numéro de la revue Faire-Part consacré à Hubert Lucot.
+7 ANNE-GAëLLE PONCHE
Anne-Gaëlle Ponche m'a confié un ensemble de peintures sur divers matériaux pour l'exposition le 10 avril 2009 Sous La Tente. Un de ses travaux est parti à Cologne au Kunsthaus Rhenania, puis pour l'exposition "à côté", enfin à Lormont (Gironde) j'ai présenté trois oeuvres pour l'exposition les 3 Massé: un siècle de passion pour l'Art et la Littérature.
Anne-Gaëlle Ponche: Même pas peur des vieux renards/fragments d'un univers (par Christophe Massé 1 Janvier 2009)
"Une petite vie sans moi ! J'aime bien cette idée et sans devoir me montrer, ni parler, ni dire. Quel repos pour moi." Anne-Gaëlle Ponche, lettre à Christophe Massé, mars 2009.
Le jour où nous nous retrouvons à Lille, Anne-Gaëlle Ponche vient de donner la réplique à un acteur super connu, dans un film qui sortira peut-être un jour au cinéma mais dont je n'ai pas retenu le nom, celui du metteur en scène.. non plus. Anne-Gaëlle raconte ses petits moments de vie, là aussi comme dans une scène de film. Si elle était une actrice, je penserais à Agnès Soral au début, dans ses rôles un peu punk, un peu désabusée.. Mais c'est la peintre, la dessinatrice, la plasticienne, l'illustratrice, la poète ? Je ne sais pas comment ! Comment peut-on vraiment définir un pareil travail et je ne pense là à personne en particulier. Si ce n'est trouver la clef de cet univers fantasmagorique qui relie divers arts et diverses émotions pour nous faire pénétrer au cœur des histoires de nos mémoires. Lors de mon exposition au Poulailler en Novembre dernier nous avons discuté un long moment suite à sa performance à lire Antonin Artaud. Plus tard elle a extirpé de son sac quelques photographies de ses peintures et j'ai trouvé ce qui s'en dégageait plein d'une émotion rare. La fragilité qui croise la volonté de dire quelque chose précisément. Ce tout qui sort des livres pour enfants et des contes difficile à digérer, le pus des plaies des princesses sans lendemain et tout de suite comme rarement je dois dire.. j'ai éprouvé de la curiosité et l'envie de les voir en Vrai.. Tout L'univers. Après j'ai eu cette chance de partager quelques instants de sa vie, au café en plein soleil à Wazemmes, discuter, échanger et voir ensuite sa galaxie.
Sous La Tente pouvait être ça vraiment.. à définir un espace de laboratoire pour certains et une aire de vacances.. Anne-Gaëlle a choisi de faire partir ses personnages. Elle m'a laissé choisir, a gonflé l'inventaire.. de quelques pièces rapportées. Elle est venue me rejoindre le lendemain avec ce paquet et dans le kraft la série de travaux.
Même pas peur des vieux renards. Fragments d'un univers.
Il y a des êtres qui reviennent sans cesse, des personnages féminins aux longues jambes minces, aux yeux en croix, aux mains plume, à la crête rouge sang pour chevelure. Des êtres oiseaux qui s'enchantent tout seul.. des limbes sortis, extraits de cauchemars ou de rêves de la pacotille de nos vies. Ne plus croire n'est pas un sentiment.. c'est aussi l'état des choses. Eux disent au creux de l'oreille, leur petite souffrance et leurs cris perforent le carton enduit, vernis, collé. Je ne sais pas dans cette cuisine comment peut-on qualifier cet exercice.. de dessin et de peinture.. un paradis bucolique ? Même pas pour les cimaises des chefs, ni pour les plus beaux livres d'images.. juste pour être avec des pinces à linges accrochés le long des murs, quand la craie crisse. Ou posés au sol des chambres noires dans le tourment et la colère.. mais aussi un peu comme la fille qui montre du doigt les arbres colorés dans les villes; un talisman qui pense bête. Même pas peur des longues lianes dans la jungle des milles et une vie. Même pas peur. Rien à vendre. Oui tout à offrir; comme un songe hors du commun.
+8 +24 ANNE DUBOIS-KREMER
Anne Dubois-Kremer a présenté L'attente, son terrier, Sous La Tente le 28 avril 2009, j'ai amené une encre à Cologne au Kunsthaus Rhenania pour l'exposition Le Journal de La Traversée, elle m'a confié une pièce pour l'exposition " à côté". Elle a exposé une pièce unique pour sa seconde exposition personnelle Sous La Tente en 2011 et m'a confié encore une sculpture inédite pour l'exposition Les trois Massé à Lormont (Gironde). Anne Dubois-Kremer prendra place dans le comité de travail & d'idées Sous La Tente à partir de septembre 2011
Anne Dubois Kremer: Au bout du silence (par Christophe Massé 2 Avril 2009)
Il n'y a pas si longtemps, j'ai rencontré une personne et au moment même où nous fûmes présentés, nous avons eu mutuellement un geste et un regard qui disaient explicitement: Non tu n'es pas quelqu'un avec qui j'ai envie d'échanger quoique ce soit.. une sorte de refus, de rejet portés par la bêtise humaine.. et quelques minutes plus tard quand l'ami de cette personne est arrivé, j'ai éprouvé l'effet inverse; dans son attitude au moment de la présentation, comme un frisson qui disait: Tu as vraiment l'air chouette toi..
Dans l'attente je trouve une impression proche; quelque chose de latent qui vient mourir ou va s'ancrer subitement, se diffuse à jamais dans les limbes des oublis et se rétracte, disparaît, fond, fuit, car nous ne voulons pas toujours ou nous savons toujours par autrui même sans le vouloir. Ou au contraire s'installe en jubilation comme ce plaisir qui en est un; du refus de parvenir. L'attente est un double moment, avec un double effet; fait de rejet, suivi de bonheur, pour une identique situation qui se métamorphose. En ce qui concerne ma rencontre avec Anne Dubois-Kremer, je vais écrire la même chose, en insistant sur le double sentiment éprouvé. Pas de mélange, une répétition, un deux coups: tendresse/curiosité. Ce brin de douceur comme du bison dans la vodka souvent me faisait penser.. Pendant les vernissages je l'observe, droite comme un pinceau, les jambes serrées en pleine contemplation. Elle aime regarder et comprendre, s'attarder et défaire. Peut-être son labyrinthe est infiniment plus composé de nœuds que de galeries. Il y a des êtres pour lesquels ma confiance est proportionnelle aux interrogations que j'ai vis à vis de leur œuvre. C'est une question, pas un label. J'ai souvent sauté des 5m, du haut d'un plongeoir et il n'y avait malheureusement pas d'eau dans la piscine.
Latent, le jour le plus long; du silence aux révélateurs. ADK sur son âne perché photographie dans la peinture. Nous trouverons les signes et la mise en tête dans un travail abstrait qui aujourd'hui devient identité par la force des noirs et de leurs aériennes circonvolutions.. paysage observé de l'aéroplane qui finit par devenir d'un champ, une tête; d'une rivière, une longue tresse de cheveux. Un jour moi qui n'avait jamais de ma vie je crois, eu "besoin" d'aller dire mon malheur ailleurs que dans la plaisanterie, les rudesses des phrases dans mes livres ou le cri dans mes têtes, je me suis retrouvé avec mon vélo devant sa porte, là où je n'étais jamais allé.. pour dire je ne sais quoi du presque rien.
Anne Dubois-Kremer est peintre. Elle est noire; elle le sait tout juste. Elle peut aller plus loin et ne patiente pas. Elle s'assied, contemple sa défragmentation s'installer comme sur ces disques durs saturés de plaintes et de gémissements de toute la publicité mensongère de nos vies. Comme chez ceux qui savent faire avec le pinceau le tour de certaines questions, elle s'enracine dans ce liquide aux maintes et extravagantes ressources. L'or noir comme dans les schistes carbonifères des hautes vallées; ceux dans lesquels nous trouverons l'œil du rapace fossilisé et l'ambre perdue du calmar des grands fonds. Pour les peines endimanchées et le ciné club qui projette pour elle ce doigt qui court dans l'œil. Il se trouve que du sous-sol, nous extirperons en commun: mineurs de la silice, enfer du pétrole bleu, retour de flammes et œil pourpre des sagas lointaines. L'encre ! la sépia ! l'histoire de cette écriture qui dans un rejet aujourd'hui, forment visages et balades. Je m'emporte et nous allons le faire.. tant dans ses compositions l'idée que rien ne se compose est une évidence et pourtant tout est dans cet ordre qui alimente l'idée que le sens est là, et la tête de déesse nigérianne tournée fière vers le point où le soleil se brise sur l'horizon, ne séchera peut-être jamais ses larmes. Ici la physique parle comme il y aurait une résistance des matériaux aux flux des liquides.. l'argent se lit dans l'épaisse volute de ce noir proche, parfois de la suie, du charbon et sans doute de la mine comme dit plus haut.. Cette mine de plomb. Blondinette à ciel ouvert dans l'infernal des profondeurs. Est-ce que tu aperçois enfin la lumière de ce soleil ?
+9 ANNE CALMELS JOSé LUIS de JUAN
Je n'ai vu qu'une seule fois Anne Calmels. Elle a ce jour là, dans une librairie parisienne, vêtue d'un kimono, lu des extraits de Tatami Pop le journal japonais de Nadia Porcar. Plus tard pour prendre nos pouls, nous nous sommes envoyés des petits e-mails. Et un jour j'ai su qu'elle pratiquait le judo, qu'elle peignait, qu'elle traduisait des ouvrages. Nous avons opté pour nous rencontrer sur le terrain de la peinture et de la littérature. La présentation d'une seule de ses peintures, peut-être d'autres, Sous La Tente va faire partie de l'aspect que je souhaite développer: le fruit de la rencontre fortuite vers des champs inconnus. Le terrain vague dans lequel il faut planter le décor et s'éloigner. Elle vient par là comme une évidence dans les moments de la vie ou nous devons nous retrouver pour dire là qui et ce que nous sommes. Et le corps dans la peinture est fait pour le dire ou le montrer. Comme Anne-Gaëlle Ponche, Anne Calmels ne pratique pas la peinture en premier. Elle fait d'autres choses, dirige une collection littéraire de polar chez Philippe Picquier, traduit de l'espagnol des ouvrages, travaille dans l'édition et réalise des livres pour la jeunesse. Elle écrit et se passionne. Elle nous proposera des extraits de L'apiculteur de Bonaparte un roman de José Luis de Juan°, merveille d'intelligence, dont elle a réalisé la traduction (éditions Viviane Hamy) et de ce brillant auteur majorquin, venu en résidence à Bordeaux en 2003, elle lira aussi des poèmes inédits. Une rencontre à plusieurs têtes pour plusieurs chants.
°José Luis de Juan est né en 1956 à Palma de Majorque. Plusieurs de ses ouvrages sont disponibles en Français, on citera Les Souffles du temps (éditions Viviane Hamy), Se souvenir de Lampe (Seuil)
Anne Calmels Sous La Tente le 28 Mai 2009. J'ai présenté une encre au Kunsthaus Rhenania à Cologne (Germany) pour l'exposition Le Journal de La Traversée, puis pour l'exposition collective "à côté", enfin au Bois Fleuri à Lormont (Gironde) pour l'exposition des 3 Massé: Un siècle de passion pour l'Art et la Littérature;
Depuis, Anne Calmels a publié deux romans chez Flammarion/Tribal: La nuit des Yakuzas (2010) et Tokyo ne dort jamais (2011).
+10 +27 MARLAINE BOURNEL
Marlaine Bournel a présenté une installation et la première étape de l'adoption de chaussettes Sous La tente le 28 juin 2009 en exclusivité mondiale. Une chaussette est partie au Kunsthaus Rhenania (Germany) avec une Tente confectionnée par ses soins pour l'occasion du Journal de La Traversée. J'ai présenté une pièce pour l'exposition collective "à côté", puis une pièce inédite pour l'exposition des 3 Massé à Lormont (Gironde). Marlaine Bournel a préparé Houce l'installation d'une pièce unique pour sa seconde intervention personnelle Sous La Tente le 28 Mars 2011. Elle a entre-temps pris en charge un programme d'exposition Sous La tente est présentée la danseuse Céline Michelena; Car naît, Carnets d'artistes, Enora Lalet, Douce Lartigue. Marlaine Bournel est membre du comité d'idées & de travail Sous La Tente.
Marlaine Bournel: Exactement là où cela ne devrait pas se passer. En défaiseuse; entre situation et expression. Une histoire de chaussette dans un Monde d'orphelins (par Christophe Massé le 1er Juin 2009)
" Dans une société structurée, J'ferai des chaussons et des balais " François Béranger
Se fier aux premières lueurs du soleil n'est pas dans notre actualité. Si nous entrons dans le cheminement intérieur de Marlaine Bournel en poussant la porte franchement pour proposer une rencontre; c'est la société du spectacle, comme un seau plein d'eau qui vous tombera sur la tête. Son travail rassemble ces fameux ingrédients, qui de la performance à l'installation, du mime au cirque, de l'idée à son développement, du débat télévisé au match de catch font d'une histoire informelle; un instant, poétique, politique & social, auquel vous pouvez participer. En se débarrassant, se défaisant serait plus juste, de la panoplie d'étiquettes et de codes, elle tente dans son maelström organisé, de mettre le point oméga sur toutes les lettres de son alphabet intérieur. Une réussite ? Pourquoi aujourd'hui devrions nous accepter encore dans l'ordre: 1° de recevoir une invitation 2° d'aller voir l'exposition 3° de regarder 4° de boire des verres jusqu'à la renverse 5° de parler aux ami(e)s et de repartir ? Pourquoi devrions nous dans ce spectacle de la société, être obligés encore et toujours de se retrouver dans la peau du collectionneur, de l'alcoolique, du badaud, de l'officiel ou des quatre à la fois ? Pourquoi l'art ne se trouverait-il pas; ni dans la rue qu'il infeste, ni au musée qui ne le canonise plus, encore moins dans un lieu pour lequel on le destine et qui aujourd'hui satisfait le plus grand nombre, mais bel et bien dans cet aller-retour solitude entre ces derniers et d'autres lieux plus incongrus, blottis aux frontières des maux et des envies cachées. Changer la donne, montrer du linge dans la galerie et le laver là, pendant que l'on exposera de la peinture au lavomatic est une des milliers de belles idées que Marlaine peut confier comme ça au détour d'une conversation. Elle pose alors ses poings sur ses hanches et continue ses explications comme si tout le Monde pouvait être d'accord. Parler de politique jusqu'à et pendant la crise, quand sa performance va bon train, avec des gens qui ne comprennent pas vraiment ce qui se passe est cocasse. Marlaine convie des êtres sans les convier et d'autres sont invités pour la cause. Elle tourne autour du pot et d'Emmaüs, elle quête dans ces collectes improvisées, elle ramasse des vêtements. Car disons le tout de suite, le linge est une passion. Une de celles qui enferme et libère en même temps. Use et attendrit l'entourage. Une de celles qui, transformée, métamorphosée en cheminement artistique conduit à l'élaboration d'une œuvre originale à base de peaux d'humanité et de sentiments. Il faut parler, échanger et participer. Elle regarde l'art comme on scrute un parti politique à travers une structure souple et légère comme une longue vue de pirate. Elle analyse, une société à sauver, à comprendre serait plus juste. J'ai toujours admiré les êtres qui arrivent à travailler sans le concept, ni la théorie, mais en conservant le côté intriguant et l'aspect luisant de la manufacture de quelque chose de réel, d'encombrant, d'indigeste et d'en rire au troisième degré. L'énergie fait partie de l'intérêt que nous apporte la dépense. Nous allons Sous La Tente entrevoir un volet nouveau de ce qui va relier les étapes précédentes entre-elles. Les étapes de la genèse de Bournel et celles de Sous La Tente projekt. L'alternative entre le temps des "choses inédites" posées sur le rebord et l'utilisation complète du lieu pour montrer qu'une participation au présent, un jeu du parti d'en rire, sérieux jusqu'au bout des orteils change le Monde des marcheurs. Nous nous sommes tous à un certain moment de nos vies, retrouvés devant le tambour d'une machine à laver, un panier, une armoire, dans lesquels une chaussette attendait l'autre pour filer ensemble vers deux pieds. Nous nous sommes tous pensés super fort un jour: Putain ! que c'est moche des pieds avec des chaussettes dans des sandalettes. Vous allez enfin pouvoir trouver et en exclusivité mondiale Sous La Tente, la possibilité de faire adopter et d'adopter une chaussette. La démarche est sérieuse, il y aura sans doute des comptes à rendre et des explications à fournir. Nous avons choisi un dimanche pour cela. Un jour pour la création officiellement loufoque d'une Société des Chaussettes Orphelines. Marlaine Bournel vous convie. Venez vous débarrasser, offrir, poser, confier, déposer, vous soulager et constater que l'art contemporain à un certain niveau est une aventure; comme un voyage du cœur vers la voûte. La santé par les plantes en quelque sorte.
+11 MARTIAL BéCHEAU
Martial Bécheau Live Sous La Tente le 28 Septembre 2009
Martial Bécheau: Signes extérieurs de fulgurance (par Christophe Massé, le 1er septembre 2009)
Grâce à Martial Bécheau j'ai exploré des contrées vierges. Je me suis souvent trouvé perdu, dos au mur. Un regard, une parole, un sourire; le jeune-homme sait dire brièvement les mots qui vont droit au but. Rester sur place. Martial a le chic pour te clouer au fauteuil. C'est un dandy la classe. Il développe dans un univers étrange, peuplé de songes et d'envies, d'exaltations et de déprimes, un tempo particulier comme ceux que j'apprécie, composé de pluridisciplinarité et d'exigences multiples. Martial est un lecteur, un écouteur, un chercheur et un expérimentateur. Un esprit libre, fortement indépendant, contraint pourtant en permanence à lutter physiquement. La musique qu'il a choisie de créer ces dernières années le propulse irrémédiablement vers l'impérative scène dont Sous La Tente est heureux dans l'intimité, d'en proposer au public un extrait. Sous la forme d'un premier Live. Martial nous fait l'honneur de préparer un concert inédit, dans les ambiances sonores qu'il affectionne. Morceaux syncopés qu'il compose avec une écriture traditionnelle proche du courant actuel des musiques électroniques et interprète. Martial raconte une histoire. Un fil musical introuvable emmêlé, dans lequel voix happées et sonorités instrumentales se succèdent et se superposent avec une étonnante limpidité; qui manifestement nous éloignent des sentiers fréquentés dans ce domaine. Une fulgurance déjà débarrassée des influences.
Martial Bécheau a publié Séléne voilée de larmes avec sept photographies de Christophe Massé aux éditions Montre Molle en 2006. Martial Bécheau a convié Christophe Massé à lire ses textes lors d'une intervention à la GalerieTinBox à Bordeaux en 2010.
+12 PATRICK GENTY
Patrick Genty a présenté Transhumance Sous La Tente le 28 0ctobre 2009.
Patrick Genty: Transhumance (par Christophe Massé 2 Octobre 2009)
Au tout début des années 1980, j'ai rencontré dans une rue quelques minutes Patrick Genty. De passage à Perpignan, il se trouvait en compagnie de Patrick Varetz. Nous avons échangé une phrase, peut-être deux. Je ne sais toujours pas si j'ai rêvé cet instant, si l'on me l'a raconté, ou si tout simplement il a existé vraiment. Nous en avons parlé et j'ai encore oublié. Ma mémoire se volatilise comme si des volets étaient en train de claquer partout dans la maison et le son violent de ces écrasements endommage chaque fois mon audition ou ce qu'il en reste pour, avec l'odeur des rues et celle des hommes me faire une idée d'un vécu qui n'a en fait pas existé, ou peu. Dans mon processus interminable comme extraordinaire de rencontres qui n'en finissent plus d'apporter confusion et bien-être, j'ai retrouvé quelques vingt ans plus tard sur le quai d'une gare, dans un poulailler à Lille où dans une campagne glacée près des vaches et non loin du désert des tartares; un homme gentil, doux, prévenant comme complexe sans doute. Une amitié simple, épisodique pareille à celle jaillissant du creux des mains des passeurs est née lentement dans le silence de: l'on doit faire; aux foudres:de faisons. Nous sommes parvenus dans un jeu des mémoires, à la reconstitution d'un petit puzzle qui peut permettre, en rattachant certaines pièces de nos univers une fascination pour la série, les mots qui superposés veulent dire autre chose, le silence dans l'attente de la complication, l'envie d'échanger là où l'opportunisme est de rigueur, le plaisir dans le sabordage ou le largué les amarres, de se faire une idée des hommes que nous sommes.
+13 "à côté"
"à coté" exposition collective réunissant les Sous La Tentiste du 10 au 20 décembre 2009.
+14 FRANçOIS ROBERT
François Robert: Autant de têtes; comme à la recherche de celui qui pourrait revenir (par Christophe Massé le 15 janvier 2010)
François Robert a fait avec moi, fin 1970 une année de probatoire à l'école des Beaux-Arts de Perpignan. Nous avons en commun la même année de naissance et sans doute une passion pour l'Art. Après cette période, nous ne nous sommes revus qu'une fois et en compagnie de Florence Braud, Brigitte Philippot et Bernard Marti, lors d'une balade dans la montagne dans les Pyrénées-Orientales. Avant de se rencontrer à nouveau, trois dizaines d'années plus tard, je vais dire par hasard, au marché des Capucins à Bordeaux pendant Artyshow. Pendant ce long laps de temps, j'ai aperçu quelques fois les reproductions de ses travaux, peuplées d'un imaginaire coloré et étrange qui associe la réalité et les mythes. François Robert possède une voix douce et des cheveux qu'il peut attacher dans le dos, un regard tendre et pétillant, une approche délicate et feutrée des autres. Il a demeuré pareil à l'image mentale d'un être précieux et furtif que j'ai de lui; à Perpignan vêtu d'un caban et chaussé de daim il me semble. Depuis quelque temps, je savais qu'il avait commencé une série de têtes. Elles m'ont parlé à distance, il me tardait de les rencontrer. Car je ne savais rien d'elles, comme je ne sais (presque) rien de leur créateur.
C'est d'ailleurs la première fois que je propose à un artiste d'exposer Sous La Tente avant de voir son travail. Pour cette raison, j'étais convaincu d'avance qu'il me conviendrait et pourrait se trouver en osmose, dans mon lieu comme avec l'esprit des rencontres. La série est à double tranchant. S'imposer un format et s'y tenir procure un double sentiment d'enfermement et de liberté. La quête en est que plus vaste. François Robert n'a pas glissé dans le piège; celui d'user son sujet. Il cultive lentement son champ des possibles, épuise le format avant de rompre peut-être un jour avec le sujet. Peut-être qu'il se trouve plus impliqué dans cette recherche de quelqu'un, en fait, que d'un temps.. "perdu", ou de quelque chose. Ses petits quadrilatères sont précieux et rugueux; empilages, on pourrait facilement jouer à les assembler pour créer sa galerie de portraits idéale ou en isoler certains pour les pénétrer du regard. Le mystère s'épaissit quand nous cherchons a y trouver l'autoportrait, l'air de la compagne, celui ou celle qui a servi de modèle. L'étrange connivence de certains et la rupture avec d'autres conduit comme à un aboutissement, qui soudain, nous pousse à chavirer, à arpenter ce dédale qui nous renvoie aussitôt à la mythologie. Le Minotaure alors jaillit; un des sujets d'intérêt peut-être de prédilection de François Robert revient encore une fois, et nous pouvons parcourir ses gravures et travaux sur ce thème pour en trouver la trace dans autant des visages présentés. Mi chat, mi taureau, queue de cheval et encore une fois, quête vers le loisir et la crainte de retrouver ce/lui qui nous manque de nos racines.
J'aime ce travail qui ressemble à de la peinture avec un esprit . François Robert a l'énergie d'élaborer des portraits dans un élan systématique et lancinant. Un acte répétitif, homogène qui devient un temps une marque de fabrique et procure une tranquillité à n'observer que celle là; comme autant de bouleversements dans l'ordre des jours, puisant dans l'idée que l'homme est un monstre dans une maison monstrueuse et peut-être encore, toujours, seulement là, pour servir de métaphore à la tristesse du Minotaure. Le seul considéré par José-Luis Borges comme une victime et un misérable.
François Robert habite et travaille Lormont en Gironde. Il va venir poser son carton et proposer Sous La Tente le 6 février un ensemble de ses têtes jamais encore montrées dans leur intégralité. Des gravures autour du thème du Minotaure viendront apporter un autre éclairage sur son œuvre en cours. La petite, celle de l'homme qui fait passer le temps avec la peinture ou inversement.. la grande, au jour le jour, toujours la même et jamais pareille, qui ne cesse d'observer le peintre dans son désir toujours inassouvie d'elle.
+15 JO BROUILLON
Jo Brouillon travaux inédits Sous La Tente le 27 février 2010. J'ai présenté le travail de Jo Brouillon en 2006 pour l'exposition Bordeaux/Cologne:Une rencontre à Bordeaux, depuis j'écris souvent des textes sur son travail. Jo m'a confié des oeuvres pour l'exposition "à côté" à Bordeaux, Le Journal de la Traversée à Cologne au Kunsthaus Rhenania, et Les 3 Massé: Un siècle de passion pour l'Art et la Littérature au Bois Fleuri à Lormont (Gironde).
L'aimant (songe de Jo Brouillon) (par Christophe Massé le 9 Février 2010)
pour E.
Ainsi va la vie ! Elle ne nous ménage pas. Dans aucun sens du terme, et nous pouvons avoir de la chance. Nous habitons ici, à Bordeaux, la plus belle ville de cette douce France. Quoiqu' il s'y passe, c'est toujours gavé mieux, genre meilleur à prendre, que de se trouver dans les endroits de la planète où pleuvent les bombes, accablé par les maladies, terrassé par la famine qui chaque jour condamnent à mort des milliers d'artistes peintres qui n'auront jamais encore eu le bonheur de prendre connaissance de l'existence d'une quelconque création... là où la nature se déchaîne pour faire table rase, en moins de temps qu'il ne le faut au peintre dessinateur pour tailler son crayon, la place de l'art n'est sans doute pas dans la belle sérénité qu'en occident artistes nous recherchons. Lieu commun, qu'une époque douloureuse me prie plus, qu'elle ne me pousse, à évoquer. Notre pain blanc est formidable, même si nous avons attaqué la croûte depuis longtemps, il reste des miettes et les artistes qui courent sur la queue de l'hippocampe les picorent. J'aime les artistes dans la peau d'artistes. Les derniers survivants.
La planète des sentiments est un grand stade comme celle de l'art est un minuscule terrain de jeu; espaces d'enjeux aussi importants pour les santés mentales; balayés par les tsunamis du cœur, les pluies affectives, les déflagrations d'envies de tout plaquer, qui deviennent des histoires à charmer du bout des lèvres, les yeux noyés d'aube fine, la queue posée sur la ligne bleue des draps au petit jour, quand depuis la salle de bains, l'odeur du pain qui grille au loin donne à la buée sur les carreaux ses lettres de noblesse, et l'envie, de la pointe du doigt, de dessiner ces petits cœurs qui disent: je t'aime.
Nous découvrons sur les grandes toiles et papiers de l'artiste météore, beaucoup du grain qui joue avec les maux jusqu'aux désespérances; car cette vocation à peindre depuis le plus jeune âge ne conduit-elle pas aux souffrances ? Le peintre, ce menteur de métier est condamné aux travaux forcés, il marche sur des tessons, glingue le ah ! et conduit à filer toujours du mauvais coton sur la plante, là où la chatouille est un feu pour diablotin. Pourquoi peindrait-il cette vérité qui n'existe pas ?
C'est par cette interrogation que débuta le second volet de ma saga amicale avec le peintre Jo Brouillon. Sautillant comme un moineau dégelé, il arpente le trottoir jusqu'au dos hermanos, là où nous nous étions donnés rendez-vous pour le tinto sifflera trois fois, accompagné des tapas de la casa. Depuis ma première visite à l'atelier de Jo, je me suis aperçu qu'il n'était pas le clone annoncé de Jean-Michel Basquiat. Pourtant dans sa fulgurance à remplir sa vie avec les ingrédients du peintre qui écrit son métier de peindre par la musique, la typographie sauvage et la peinture à l'eau, à l'huile, au stylo, aux craies, nous sommes invités à faire quelques allers-retours vers cet art urbain qui oriente les vies des boussoles désaimantées chères au prince de la street new-yorkaise . Nous regardons alors avec la plus subjective curiosité ce fragment de la comète Brouillon qui ne cesse dans la parure de son sillage d'embellir de traces phosphorescentes son passage dans la galaxie de la street de bx. Il pleut des cordes à rêver. Là, sa classe désobéissante me fût révélée. Maintes fois depuis Bordeaux/Cologne, nous avons tissé des petits fils d'Ariane et j'ai eu l'occasion, le plaisir, même, de constater avec jubilation l'évolution du peintre, sa richesse dans sa toison de désaxé. Aujourd'hui, dans un autre lexique, nous cherchons à combiner les couleurs du temps pour préparer le blabla de la Tente et dire en quelques phrases, l'essentiel qui mène au droit au but, sans battre notre coulpe plus qu'il ne le faut. Jo sait se maintenir dans la pénombre des grands arbres, droit comme l'if qui chercha de cyprès les étoiles. Jo me parle de sa famille avec douceur et amour. C'est un aimant sans limaille accroché aujourd'hui au vif de la plaie des lendemains sans horizon immédiat. Un léger tremblement occupe sa lèvre et son hirsute coiffure crépue (?) me replonge au temps ou je portais une valise immense vide au bout de mon bras. Le peintre retrouve toujours dans son cheminement, les grands espaces vierges qu'il affectionne sur lesquels l'acrylique fluorescente va gicler pour inonder ensuite de sa lumière crue, des surfaces rédemptrices intemporelles, ou des micro-espaces à gratter sur lesquels il pose sa patte comme le chat un trèfle à cinq feuilles. Il guidera son heure du matin pâteux jusqu'aux soirs enluminés des guirlandes des rires de la nuit.. il ne mentira pas vraiment comme nous entendons le mensonge et son écho sur les fausses parois, dans le magnifique conformisme de notre hypocrisie institutionnelle. Il tentera d'expliquer qu'il raconte des histoires, certaines aussi belles que les lettres de Théo à Vincent. Tiens trois sous avec lesquels tu pourras te retrouver au milieu des tournesols. Peindre c'est aimer sans arrêt. Jo est un débrouilleur de radars, un cartonneur de cymbales à slogans, un batteur d'œufs à la coque, une tempête de douceur comme les neiges au dessus des meringues craquantes.C'est avant le déluge un des rares peintres à Bordeaux qui puisse l'inscrire sur le viseur de sa carte le représentant. Décrire une botte de radis posée dans les épluchures sur du papier journal, dans la lueur sécurisante de la cuisine familiale, il y a longtemps, et la peindre sous le regard protecteur du père conduit, à n'en pas douter à faire de la blancheur acidulée et du rosé translucide de la peau incarnat du radis; la croque au sel d'un peintre qui n'aura plus qu'à rajouter autour, un jour, son monde de lumières fragmentées.
Dans l'ordre Jo a souri au questionnaire. J'avais comme dans la grande tradition du tête à tête top modèle devant son peintre
imaginé qu'en Marcel il répondrait sans aucune hésitation au Proustien questionnaire feat Massé l'envolée lyrics. C'est en poussant sous mon nez les petites assiettes de croquettes & calamars qu'il le fît. Vous en prendrez note avant de nous rejoindre Sous La Tente. Ce n'est pas chaque jour qu'un Brouillon fait copie neuve.
1/ Volontaire 2/ L'honnêteté (des gros nichons qualité eh !) Comment on pourrait dire ? 3/ La Curiosité 4/ Tout 5/ D'aimer trop vite 6/ La Musique 7/ D'être un bouc dans un troupeau de chèvres (rires)... d'être à Versailles (rires)... des enfants et les aimer comme je devrais les aimer.. 8/ D'être aveugle perdre la vue 9/ Une femme pour connaître l'orgasme féminin (rires) 10/ L'Italie pas pour Berlusconi 11/ Je les aime toutes. Rouge 12/ Les fleurs de Fantin La Tour, les pivoines, les grosses fleurs 13/ L'hirondelle, elle qui fait le printemps 14/ San Antonio et Baudelaire 15/ Apollinaire 16/ Tarzan 17/ Barbarella 18/ Miles Davis Rachmaninov, Prokofiev 19 Fujita, Basquiat, Picasso, Twombly, etc.. 20/ Mon père 21/ Friandises, amour, amoureux, pamplemousse 22/ Dictateurs génocides 23/ Le vase de Soissons 24/ Les congés payés 25/ L'oreille parfaite & musicale 26/ De mon vivant. Droit. J'ai l'impression d'être déjà mort. On ne meurt jamais 27/ Rassasié 28/ Le plagiat 29 Ni dieu ni maître.
Dispense des questions. La peinture se regarde sans le mode d'emploi et nous pouvons même en rajouter deux couches aux monocouches. Un jour, un temps viendra où l'artiste répondra à des questions que personne ne lui posera. Puis il ne répondra plus du tout. Seul ses œuvres participeront du mensonge aimant songe universel.
+16 ENORA LALET
Enora Lalet Sous La Tente le 12 Mars 2010. Dans le cadre du Sockstour de Marlaine Bournel.
Enora Lalet (par Marlaine Bournel)
Quand j’ai rencontré Enora Lalet pour la première fois, c’était à l’Espace29 lors d’un module-performance présenté dans un cadre universitaire,en 2008. La proposition, qu’elle faisait, était à mi chemin entre esthétique culinaire et culot onirique. Elle proposait aux spectateurs des tartines de pain à la gouache rouge, bleue ou jaune. Des aliments immangeables à savourer du regard. Comme si elle envisageait l’art juste à la frontière entre gustatif et visuel.
Depuis, Enora a développé le portrait-cuisiné en photographie, les cooking faces connus et déjà reconnus par certains. A travers ces images, elle développe un langage riche en métaphores et propos culinaires, tantôt anthropologique, tantôt cynique, tantôt drôle ou provocant. Ses modèles sont cuisinés mais ne diront que ce qu’Enora veut bien laisser entrevoir. De retour de voyage, elle met en place ou plutôt en scène cette fois-ci une nouvelle série, les cookingtears .
Dans ce nouveau volet, elle s’intéresse aux larmes, celles que l’on cache dès qu’elles coulent sur le creux de l’entre joue-nez. C’est précisément celles-là qu’Enora nous donnera à voir, alimentées entre sentiments et aliments.
Avec Enora, Sous La Tente deviendra un véritable studio de photographie pour larmes cuisinées. Avec modèles, photographe, vidéaste, serveurs…Cette journée présentera une partie inédite de son travail. En effet, toujours dans les studios, elle mijote avec ses modèles à l’abri des regards indiscrets. En « live » cette fois, elle ne révélera ses recettes qu’à celui qui sait les regarder. Son thème choisi sera la « luxure » alimentaire, plus particulièrement les boissons. Les images réalisées lors de cette journée font partis du processus créatif mis en place pour l’exposition programmée à l’espace 29 au début du mois de juin.
Enora vous donne rendez-vous pour ses recettes de larmes cuisinées à partir de 11h30 pour un chocolat chaud, à partir de 15h30 pour un teatime et enfin à partir de 18h30 pour un verre de vin. Les pupilles et les papilles goutteront.
+17 PATRICK VARETZ
Patrick Varetz: Un peu de Trickous, un peu de Sbu, sur un lit de nulle part entre Gnan, Barcelone et Babylone, des moments volés à nos vies.. jusqu'au bonheur et pour sa suite (par Christophe Massé le 3 mars 2010)
Avec Patrick, nous sommes rencontrés à Perpignan, il y a trente ans.
Le jeune-homme venu du Nord gravitait autour de l'École des Beaux-arts, là même où Marcellin Lerrouge et son âme damnée officiait en compagnie d'une bande de futurs artistes et chômeurs de longue durée. Il portait avec lui une sorte de cartable usé, toujours quelques livres à portée de main, il écrivait au stylo plume, à son poignet pendait une montre vieillotte avec une mappemonde en forme de cadran. Sous le Platane de la Source se déroulèrent les premières réunions. Patrick trimbalait le concept de la disparition des villes dans la moiteur du sud et nous proposait, dans son appartement donnant sur une terrasse immense qui surplombait le quartier et dont il ne devait pas jouir ( mais que nous occupions quand même pour refaire des petites parties du monde), ces soirées durant lesquelles nous apportions nos découvertes musicales et amicales.Les uns vautrés sur les canapés se roulant des pelles, les autres en équilibre dans les gouttières, des verres bourrés de cocktails dans les mains.
et les années post-punk.. défilèrent, chapelets de saucisses, par moment comme le feu de la parole garde avec le bronze de la mescaline au fond des glottes . Une amitié. Saucissonnée par les éclats de verre du tempérament catalan mais polie par la douceur de l'homme du Pas de Calais.
Un jour alors que je filais à Barcelone avec la dream-team, les filles et Lefre mon garde du corps, il nous rejoignit sur le quai. La légende dit qu'il avait trouvé en remontant l'avenue de la gare un gros billet de banque qui lui permit de prendre le train avec nous. Nous passâmes plusieurs jours dans la cité de Gaudi à faire les cons dans une pension près de la Plaza Réal. Et nous écrivîmes à deux mains le formidable Offerta Spéciale, inédit que nous ne souhaitons pas publier d'ailleurs hi!hi!
Chacun entama la suite de son parcours. Nous nous retrouvâmes plusieurs fois pour nous séparer encore, à Lisbonne pour casser la gueule au temps, à Athènes, à Bruxelles, à Matemale, à Lille, dans un pub ringard à Perpignan, dans lequel nous passâmes un soir de réveillon avachis sur le bar, sifflant des Manhattans jusqu'au lendemain. Nous avons conservé l'idée qu'éditer était une belle récompense, à condition que cela arrive un jour. J'ai la joie intacte de ne jamais avoir envoyé de manuscrit chez des éditeurs, de ne jamais m'être faire surprendre par cette angoisse d'attendre quelque chose qui pourrait peut-être ne pas venir (La peur du bonheur).Editer est venu tout seul en rencontrant Pierre Mainard au coin du bois. Patrick a travaillé et souffert pour se trouver face à une belle main de manuscrits. Il a souhaité publier précisément chez un éditeur. Les choses ont duré un temps avant que cela puisse être envisageable, puis probable et possible. Il n'a pas renoncé, à remettre sur l'ouvrage, des nuits à chambouler des tonnes de mots. Écrire semble facile pour lui, comme quand il lisait allongé sur le côté des romans noirs par dizaines de kilos.Patrick était dans l'écriture. Elle a dû lui sauver la vie plusieurs fois. je ne sais faire que ça: Écrire.
Un jour le téléphone a sonné. J'eus la primeur de la nouvelle, je crois. Je sais pourquoi j'ai éprouvé à ce moment là toute la joie enfermée depuis la bohémienne endormie. Un de ces premiers textes que j'ai lu au Puits des Chaînes. Une joie immense qui quelque part me fit rajeunir. Oui le bonheur doit être cela, trouver dans l'écho de la réussite de l'autre, un plaisir confus. Patrick Varetz vient de rejoindre Ludovic Massé et Hubert Lucot chez Paul Otchakowsky-Laurens. Quoi de plus magnifique pour le garçon qui ne pleure pas, de voir réunis chez un des grands éditeurs français; son grand-père Ludovic Massé, Hubert Lucot duquel fut publié dans sa collection le premier texte inédit (Crin/Pierre Mainard éditeur) et l'un de ses plus anciens amis.
Je ne dévoile rien de ce texte. Je vous en souhaite bonne et dure lecture.
+18 Les Sous La Tentiste à Cologne (Germany)
Une oeuvre de chaque Sous La Tentiste présentée au Kunsthaus Rhenania à Cologne à l'occasion de l'exposition Le Journal de La Traversée proposée par Das Rabenschwarze Kabinett en avril/mai 2010
+19 CLAUS-DIETER GEISSLER
Claus-Dieter Geissler installation de Ikéa Favela Sous La Tente le 28 Mai 2010. J'ai présenté une oeuvre de CD Geissler pour l'exposition Bordeaux/Cologne:Une rencontre en 2006, et pour l'exposition les 3 Massé:Un siècle de passion pour L'Art et la Littérature à Lormont (Gironde) en 2011
Claus Dieter Geissler : La mémoire de précieux instants archivés révélée & la surexposition de sentiments poétiques enfouis, issus d’une chronologique désobéissance héroïque (par Christophe Massé le 10 Mai 2010)
Depuis ces dernières années, en côtoyant Claus Dieter Geissler, à Barcelone, à maintes reprises à Cologne chez lui dans son atelier, à Bordeaux lors de ses visites, en parlant de temps à autre dans mon anglais approximatif, en écoutant ses réponses ou ses envolées, dans son mélange germano-britannique loufoque; j’ai imaginé, puis assemblé des éléments de découvertes susceptibles d’approcher son univers, en supplément de l’affection éprouvée instinctivement pour l’homme.
J’ai fouillé comme dans une caisse, arpenté le dédale, observé de nos cultures respectives, les éléments décalqués et extrait de ce lien complexe, mes possibles et les siens. Avec, dans la différence de nos langues, et à chaque visite, cette tentative utopique, pour tenter de consolider les points d’ancrage, construire des fondations, depuis cette curiosité qui relie les hommes parfois entre eux avec ce que j’aime tant dans la rencontre ; facile ou pas, pour le meilleur et pour le pire, qui se nomme parfois: confiance.
Dans ces bribes posées à sécher sur un muret comme des peaux d’orange, en évitant de parler de lui aux autres qui le connaissent et auraient pu vraiment m’en dire, et sans vouloir non plus compléter mes recherches, chez ceux et celles de ses proches qui parlent le français, j’ai tracé au hasard et au fur et à mesure les grandes lignes du portrait, d’un personnage attachant, livré ici, presque brut.
I’m lost in the supermarket the clash
C’est avant toute chose, la corrélation entre le travail de photographie qu’il pratique comme sa position en tant qu’artiste vis-à-vis du système qui m’amena progressivement à considérer le personnage sous un angle éclairé. Sa rébellion, son héroïsme en adéquation avec son ton sarcastique et moqueur. Et cette possibilité d’avoir en face de moi un être fédérateur, protecteur et cultivé. Un passeur doublé d’un créateur
Celui qui se sent proche des clochards de luxe et des rêveurs aux frontières du doute est un artiste. Certainement un vrai. Un authentique ; de ceux qui sont proches du questionnement perpétuel…et ne concèdent pas grand-chose. Ceux qui enfoncent le clou et se posent la question d’être avant tout créateur et n’existent que pour ce métier… en faisant le geste nonchalant – balançant sa main en arrière - du type qui mourra lorsqu’il n’aura plus d’argent.. Ce n’est pas important cet argent, après lequel tout le Monde ou presque court, sans cesse, langue pendante glissant entre les babines. Créer est devant. Avant tout.
Que sont ses images ? D’où viennent-elles ?
Il me donne le sentiment de les fabriquer à partir d’une mémoire invisible. Peut-être un jour, constituée en observant le père travailler. Des images composées au milieu des hommes, et curieusement, qui ne révéleront aucune présence humaine physique. Pas d’individus. Un travail que l’on ne peut qualifier non plus de nature morte. Les parcelles de tout un univers poétique archivé. Celui fait avec du remplissage manufacturé par l’humain ; de l’ustensile à ses débordements. Détritus, ignorances, rejets, calamités. Nous verrons peu de couleur de la gamme identifiable. Rien d’habituel à nos yeux contemporains ne viendra non plus pénétrer son travail. Le noir est gris, l’argent est brun, parfois presque de sienne ou soufre. Ces images sont biffées, saturées. Il va les mettre en scène selon un rituel poétique. Des images mentales parfois crayonnées, mises en croquis, pensées sorties d’obsessionnelles séances lancinantes ; comme l’animal qui va boire en donnant l’impression de se mirer dans la flaque inerte. Claus Dieter Geissler déguste un café au lait, assis dans une chaise longue à la toile éculée, poussant de légers grognements de plaisir. C’est un être posé, là, aux frontières : un café, un verre de vin, un œuf, le soleil dans la figure. Attendre et récolter des morceaux de verres, de fer, de bois, des algues, des plantes, des racines, des écorces, des matériaux spécifiques à l’élaboration de séries de travaux dans un agencement bercé lui aussi par une belle connaissance de l’histoire de l’art, là où l’ombre, le clair, l’obscur, le dévoilé et le caché, la trace, le grain, la peau vont être soulevés et pesés tour à tour pour réinterpréter leurs formes, pour les transcrire dans la mémoire du temps et du souvenir, neuf. Ceux d’une plage, d’une grève, d’un bosquet, d’une friche. No man’s land chers aux artistes des années no future ; animaux écrasés sur le macadam, traces d’usures sur les planchers d’un club mythique new-yorkais, Claus Dieter Geissler traduit dans le fondu de ses compositions la nature des choses déliquescentes. De la même façon dans son registre des croyances en nos structures et nos pouvoirs, l’effritement constaté est qu’il transforme, pour le métamorphoser en peaux de doutes ; incertitudes réelles flirtant avec de belles & anciennes utopies et une autre croyance en l’individu artiste. Grandes surfaces immaculées protégées du regard par une surexposition douloureuse qui écrase les blancs comme l’albumine de l’œuf file au mimosa. Carafes, pichets, pots ne sont pas les sujets mais les intermédiaires de la rêverie, à l’instar du peintre qui s’enorgueillit de reproduire sans copier, il réinvestit, voir réincarne le caractère des objets pour le réintégrer dans une vie à définir. Empilements et strates d’un temps sec et morbide ; os, pierres, fleurs, racines, bois flottés, terres, poudres, ferrailles, fils, bête morte retrouveront l’aspect de leur asservissement d’un temps pour s’ennoblir d’un camouflage et disparaître à jamais dans ses compositions sublimes.
Claus Dieter Geissler travaille et réside à Cologne (Allemagne). Il expose régulièrement depuis les années 80’ dans le Monde et travaille parfois en collaboration avec des danseurs et musiciens pour des performances. Au Kunsthaus Rhenania à Cologne, il occupe son atelier et propose un programme personnel d’expositions d’artistes allemands et étrangers dans le studio 003 qu’il anime. Il est depuis une dizaine d’années organisateur d’un grand nombre de visites d’artistes pour des expositions comme le programme Orte réalisé en 2009/2010.
+A Hors-Programmation JULIEN BEAU/MATTHIAS VAN EECLOO
J'ai le plaisir d'accueillir à l'Atelier dans le cadre du tout nouveau Festival Bordelais des Arts Visuels organisé par le photographe Yogan Muller en collaboration avec l'Appart 113, l'intervention des artistes Julien Beau et Matthias Van Eecloo.
L'intervention se passera sous la forme d'une projection nommée Uturn dans la vitrine de l'Atelier durant la nuit du Samedi 6 au dimanche 7 juin et d'un concert en fin d'après-midi dans le lieu Sous La Tente (hors de sa programmation officielle). Un programme est édité et pour de plus amples renseignements voir le Blog Multiples.
Julien Beau et Matthias Van Eecloo ont réalisé "Uturn", une vidéo de cette performance que l'on peut découvrir sur le site de Julien Beau (en lien)
20+ CéLINE MICHELENA
Céline Michelena (par Marlaine Bournel juin 2010)
Danser Le lac des cygnes sur un air d’accordéon, ça ne se joue pas. Faire le clown à l’opéra ça ne se danse pas.
Un cabaret pieds nus sur une pièce de Pierre Henri ça ne s’écoute pas. Un ballet contemporain en costumes paillettes et plumes ça ne se chante pas. Et pourquoi pas ?
Certains bavardent, d’autres chantent, cousent, dessinent, peignent ou écrivent. Céline Michelena danse. Son chemin croise des curiosités dansées. D’une formation classique au conservatoire, aux ateliers de danse contemporaine, des arts du cirque ou de la rue, au cabaret, elle ne cesse de danser, faire de la danse une expression de rencontres. Le langage du corps souffle celui des mots.
Céline Michelena, Vendredi 11 Juin, propose une création inédite, construite et assemblée à partir d’ « un hommage à Degas » et autres choses sur la pointe des pieds,installation réalisée par Christophe Massé.
(Il y aura 3 représentations, à 14h,16h et 19h). Céline Michelena placera les ergots, remontera le mécanisme, ouvrira le couvercle de la boîte, ses pieds se poseront, pour laisser vibrer le son de ses émotions.
+21 CHARLES DUBOÿ
Charles Duboÿ Sous La Tente le 1er Octobre 2010. Charles a participé à l'exposition: Les 3 Massé Un siècle de passion pour l'Art et la Littérature à Lormont (Gironde)
Charles: des têtes & des ballons (par Christophe Massé, octobre 2010)
Pour Nicole & Jean-Pierre,
Depuis le mois de février dernier Charles a débuté à l'atelier avec moi un travail hebdomadaire de peinture. Les deux heures que nous utilisons pour peindre et échanger sont riches en émotions. Nous nous sommes fixés comme but, de prospecter autour de la tête, de l'idée d'autoportrait, de la couleur, de l'approche de plusieurs supports et de définir progressivement un terrain abordable pour s'exprimer: Choix des couleurs, des pinceaux. Charles souffre d'autisme (Asperger). Il possède une grande sensibilité et de la douceur, une fabuleuse mémoire aussi. Il accepte avec plaisir, depuis le début,de peindre sans relâche et son travail est empreint d'une énergie étonnante. Il arrêtera le jour où il n'aura plus envie de venir à l'atelier. Il a aussi progressivement souhaité se déplacer hors du cadre proposé et entreprendre une série de ballons.. des lâchers de ballons.. Je lui ai proposé de faire un accrochage de ses œuvres et il a accepté cette idée de mettre en place lui-même ses peintures. Nous montrerons une partie du travail réalisé en quelques mois.
C'est une petite fête pour moi, tant je suis ravi du déroulement de cette aventure. Nous souhaitons sans doute autant l'un que l'autre partager le fruit de ce travail avec nos ami(e)s. Aussi j'ai imaginé l'inclure dans le programme Sous La Tente. Cette exposition pourra trouver sa place, elle permettra ainsi à notre public de venir débuter cette année d'expositions avec un nouveau regard. Une découverte , particulière, et une vision plastique si proche de celle qui est la mienne. Volontairement pleine d'espérance tout en demeurant proche aussi de la douleur que le peintre traverse parfois dans sa rencontre avec l'autre et son intégration dans la société.
Avec Charles nous travaillons la peinture tous les lundis de 10 à 12h depuis février 2010. Une prochaine exposition du travail réalisé sur les ballons est en préparation.
+22 MARIE-MADELEINE LACOSTE
Marie-Madeleine Lacoste Installation inédite Sous La Tente le 28 Octobre 2010. J'ai présenté une oeuvre de Marie-Madeleine pour l'exposition Les 3 Massé: Un Siècle de passion pour l'Art et la Littérature au pôle Bois Fleuri à Lormont (Gironde) en 2011
Passer l'hiver en chambre: Marie-Madeleine Lacoste; une étrange affaire de sculpture (par Christophe Massé, 14 octobre 2010).
"Et puis parfois, très rarement, j'ai une bonne idée. Mais pour être franc, les bonnes idées ne produisent pas vraiment des œuvres intéressantes. Il y a beaucoup de bonnes idées qui donnent des œuvres vraiment mauvaises. D’un autre côté, il y a des œuvres fantastiques qui ne sont pas basées sur une bonne idée." T. Cragg
Si certaines araignées entrent dans les maisons dès les premiers froids ressentis, il est d'autres espèces comme celles aperçues au dessus de la mare, qui s'adaptent et survivent malgré les frimas. Les plus fragiles doivent trouver un endroit pour passer l'hiver à une température plus clémente et éviter de cette façon le gel. D'autres peut-être plus robustes ou mieux adaptées aux rigueurs, se recroquevillent sur elles-mêmes et confient leur sort à la torpeur. Là, où il n'y a plus rien. Il s'agit d'observations faites dans les jardins et les maisons que j'ai pu fréquenter. Ma vocation d'entomologiste se limite aujourd'hui dans mon temps à ce type d'introspection et d'investigation poétiques. L'insecte, le chien, les chats, les hommes comme toute une partie de l'univers se préparent quand l'hiver arrive, chacun à sa façon en mettant du poil, en enfilant des pulls, entrant dans les carapaces, hibernant, prêt à affronter ou à accepter l'hiver comme il vient. Peut-être ainsi toutes les créatures de la terre se préviennent et tentent de regrouper en elles des forces pour entretenir leur stabilité et reconquérir un jour venu leur mobilité. La métamorphose a lieu. C'est ainsi que je vois "la sculpture". Comme quelque chose de vivant qui se prépare à résister au temps, même s'il s'agit seulement d'un hiver. J'aimais voir dans les jardins de Versailles, les statues emballées par le personnel du château, à la manière de Christo, qui devenaient des œuvres d'un autre type et celles sans couverture qui avaient éclaté sous l'action du gel, laissant entrevoir leurs entrailles de métal. Je ne sais pas s'il existe un travail de sculpture hivernal plus qu'estival, je ne sais presque plus rien, j'essaie de trouver des mots pour décrire ce que je ressens. Dans les "sculptures" que je connais et que j'aime, il y a celles de Alexandre Calder, justement pour ce tout qui résiste sans bouger. Ce presque rien qui se prête aux caprices du vent, acceptant cette alternance dans le paysage. Ensuite, celles de Philip King pour cette force à s'imposer malgré l'ingratitude des formes. Avant il y avait eu Auguste Rodin, un personnage sans tête couché sur le flanc puis Alberto Giacometti, et Aristide Maillol (en permanence dans mon champ de vision à Perpignan, l'incontournable Vénus), Étienne Martin et un jour Bill Woodrow, Barry Flanagan, Richard Deacon, Tony Cragg, David Mach. Une liste longue mais pour l'esquisse en cours du travail de Marie-Madeleine Lacoste, impensable à ne pas dresser; tant une activité de germination aussi fantastique m'oblige à participer dans une chronologie non exhaustive à la recherche de quelques étapes qui puissent évoquer le choc perçu en découvrant une œuvre significative pour la première fois. Non pas pour déterminer quelconque ressemblance, ni lui faire supporter l'influence, mais pour dire dans une continuité qui et quoi fait suite à nos grands maîtres et nos illustres contemporains, à condition d'emmener loin et vite les fruits de ce travail ailleurs... Lui donner l'opportunité de dépasser nos frontières et nos expositions locales.. Obligatoires à dresser, comme un panel des choses vues et aimées qui réuniraient aussi entre les influences et les similitudes qu'elles soient préméditées ou involontaires, toute une histoire d'affection pour l'art.. loin des choses attendues. Parfois une étrange histoire, comme une affaire étrangère et pourtant dans cette respiration et la buée qui s'en échappe comme cette réflexion avec un temps..celui de l'entomologiste et celui du regardeur d'art, une violent bonheur m'envahit loin des modes et du paraître, bercé par la passion pour certains travaux que je ressens juste.. ici comme ailleurs.
Je suis parti de la nature et des insectes, pour peut-être déplacer le sujet de son centre, vers les bordures et emmagasiner assez de force pour en décrire aux antipodes de ses contours luxueux, à l'orée de la clairière, entre clair et obscur ses principales caractéristiques. Dans un espace illuminé et malveillant, les forces de l'art. Les œuvres de Marie-Madeleine Lacoste sont des pièces uniques, mal ou bienveillantes, claires et sombres, prenantes et pressantes, oppressantes et libératrices, contournables et justes. Je vais dire qu'elles me sont apparues dans un halo de brume, seules et incroyablement individuelles. Une vision lumineuse dans un paysage opaque. J'ai pensé immédiatement au parc prés de la Serpentine Gallery à Londres, un jour d'avril 1981 j'eus l'incroyable révélation qu'un buste d'homme de Giacometti, sans aucune autre relation que celle de son espace de présentation portait à lui seul le temps de l'art et de l'humanité.. il reléguait pour moi des milliers d'installations et de cérémonial aux oubliettes des histoires de l'Art, comme dans une autre vénérable nature, celle du parc de Hombroich à Düsseldorf, un vase de la dynastie Ming posé presque à même le sol sur un socle sans prétention, dans une vaste salle blanche balayée par les courants d'air et dans laquelle voletaient des oiseaux, des insectes comme tourbillonnaient les feuilles venues des arbres du parc, influença à jamais mon regard sur la sculpture. Posé là dans un coin, au milieu de quelque chose..un personnage comme dans les rêves qui fleurissent sur le drap tôt au réveil. Une silhouette que j'avais imaginée tout de suite être en bronze patiné, mais qui s'avéra au fur et mesure de mon approche vers elle, plutôt constituée de tuyau de plomb soudé.. il n'en était rien. Une fois à sa hauteur, elle révéla une chair constituée de chambres à air de bicyclettes réunies, plaquées les unes aux autres, assemblées, collées. Un monstre alors ! Pas exactement.. une créature luisante et mate, encore légèrement empreinte de talc, le même que nous mettions jadis entre la chambre et le pneu pour faciliter la remise en état de la roue après crevaison. Un personnage portant sur son dos une étrange histoire et l'humanité, sa conception, sa souffrance, son équilibre. Nous pourrions à ce moment là chercher toutes les astuces et déballer des jeux de mots qui tourneraient autour du travail d'une femme qui semble sûre et inquiète mais ne manque pas d'air, gonflée à bloc derrière un sourire qui point de temps en temps et pour ainsi dire pffffffffff!!!!!!! etc.. mais nous nous écarterons, gardant la plume à défaut du démonte pneu en main, pour s'intéresser à ce travail qui n'évoque pas une société mais garantit l'endroit de sa manufacture. Trois dimensions dans notre espace de la curiosité. Le point qui rapprochait à mes yeux subitement l'œuvre de Marie-Madeleine Lacoste de celle de Giacometti décrit plus haut concernait son immédiateté - et à partir de l'instant ou nous ne remettions pas en question son talent - en concentrant notre vision sur l'équilibre statuaire de la pièce, et sa grande précarité, celle qui détermine sur le champ une évidence, nous tenions les rênes de ce qui existe debout et force le respect. Pour constater que sans être alourdie par le seul poids du matériau employé, nous avions à faire à une œuvre et son essentielle présence. Celle qui respire et relègue sa noirceur au second plan. Chaque fois un personnage devient son sujet, il se garde tout seul. Il est figé, plaqué et ahurissant. Il s'adapte à l'environnement mais rejète la lumière. Il s'impose par une impression de jamais vu. Comme si le contenu en air vicié resté dans ces bronches élastiques de film noir pouvait à lui seul procurer cette sensation de légèreté et de vie. Donnant à cette carapace aux formes mélancoliques du trouble et de la noirceur pour accompagner dans un élan mystérieux puisé aux confins des littératures fantastiques et de l'univers de la concentration l'analyse de ses courbes contrariées. Presque une sculpture fiction. Ainsi l'œuvre au noir disparait devant son négatif lumineux, elle confie par la gorge et l'autour l'enlace. Nous sommes là aboyant, rampant ou marchant dans les corridors des mémoires. Englobant le concept du dedans et du dehors de la pensée et de son extrapolation vers je ne sais quoi de ce presque rien, que l'utilisation d'un même matériel est pour cette occasion virtuose. Ici disparaît dans ce qui a succombé, la tentation, l'ultime geste de l'homme qui applaudit. Et la bête au service de sa représentation retrouvera son espace initial dans un rai de lumière tombé des cieux.
+23 CARNAIT.. CARNETS
Car.. Nait (par Marlaine Bournel)
Sans retenue se laisser aller à crayonner, dessiner, peindre, noter, coller, tout ce qui par la tête se silhouette… S’obliger à marquer ou à tracer ce que l’on ne voudrait pas oublier. Recouvrir aussi ce qui ne peut être jamais ou encore montré. Pour de nombreux artistes, le carnet est une part importante de l’acte de création. Pages blanches sur lesquelles ils s’inscrivent sans cesse et sans limites. Partout transporté, partout manipulé, un carnet représente souvent des mois de traces, et toujours des traces du moi… Puis, lorsqu’il est terminé, se referme, souvent de manière définitive, cette part intime d’un artiste avec le monde, cette part qui, peut-être ou pas, servira à créer ce que plus tard il dévoilera, il exposera.
J’ai proposé à quelques-uns, qui l’ont accepté, de ré-ouvrir souslatente certains de leurs carnets. Pendant une journée, exceptionnellement réunis, il y aura ceux de Jo Brouillon, d’Anne Dubois-Kremer, de Frank Garcia, de Carmen Herrera Nolorve, d’Isidore Krapo, de Marie-Madeleine Lacoste, de Carine Tarin. Chacun pourra chiner à l’intérieur et tenter de comprendre comment cela naît car un carnet c’est souvent là que tout commence…
+24 Anne Dubois-Kremer (seconde exposition personnelle)
Sur l'autre chemin de Quichotte; Anne Dubois-Kremer, l'âne dans le creux de la main (par Christophe Massé le 15 novembre 2010)
En quittant sous la pluie tôt ce dimanche matin le rond-point de Ravezies, j'ai l'impression de me trouver à Leipzig et parcourir un temps d'ironie lointaine vis à vis de l'architecture des pays de l'Est. La mini tempête donne encore un peu plus le sentiment d'être entouré d'absence, de rigidité superflue et creuse. J'imagine dans quelques années le délabrement de ces bâtiments qui sont déjà obsolètes. Ce qui me les rend sympathiques. Je file dans le prolongement d'une des branches de l'étoile en direction de Bacalan. Anne habite tout au bout de la ville, un quartier qui ressemble aussi d'une certaine façon à Dresde ou à ces villes balayées par le froid et dans lesquelles le vent porte des feuilles d'arbres mortes rigides et dures comme du zinc.
J'ai laissé Anne Dubois-Kremer, il y a quelques mois, dans les fleurs et les pétales d'un printemps qui tourmentait les chairs. Son repli estival la garda dans un silence total. Parfois la dame blanche était aperçue sautillante et imprévisible seulement quelques heures au détour d'un enchantement du jour et de vernissages en détente. Nous avions accroché, pour les défaire ensuite, nous renforçant, ses taureaux dans l'anti-chambre, revisité l'idée du grenouillage, de la radicalisation, parlé de la grande espérance, de l'immense débâcle des sentiments... vers les profondeurs de ce que nous pouvons appeler la vie locale avec ses programmes culturels qui s'enchaînent, au grand détriment souvent de l'artiste, dans son martyr, son errance, sa quête, son bonheur qui le dévastent quand il ne jouit pas de la mesure d'un temps ou règne un peu plus que l'ignorance. Je me gare là dans la banlieue de Varsovie ou sur un campus de Budapest, je fais quelques pas pour traverser la route sous la pluie, manque de me faire renverser par une Lada qui roule à vive allure, que j'évite comme un torero à la retraite et dans laquelle j'aperçois un type hagard croquant dans un croissant. Anne m'ouvre. Le café est une de mes rares joies, elle le sait. Nous nous retrouvons les bras ballants. Pour encore cette fois, je pense que l'art va me sauver la peau. Tant mes larmes me contiennent. Un arbre en perspective soulevant de lourds kakis trace dans le clair-obscur une découpe projetée comme dans les lumières d'un phare dans cette aube grise qui n'en finit pas de lever son voile. Une volée de violents points orangés à redonner l'espoir miroitent sur les iris congestionnés des femmes perdues pour un temps. Une immense sculpture est là posée, dont ce texte ne dévoilera rien avant que son heure ne soit venue. Il y a ces instants bucoliques de la vie qui permettent en sortant d'un cimetière de donner à l'existence un sens. Dans son attente, son terrier, ses entrailles, Anne a relevé le temps des positionnements et les moulins sont tombés. Il est là à genoux implorant le moment des rédemptions. Elle court dans le noir et vide par les fenêtres ce qui va revenir et trouvera porte close pour l'essence même de son art et l'ultime sauvegarde, ordinateur ou pas. Le silence, l'acharnement et son rituel des bandelettes est là sur le monticule des grands soirs de tristesse empilés. Il ne reste rien de la mémoire, l'image, un temps en trois dimensions que Sous La Tente va accueillir avec la plus intime conviction que le voyage commence et en pèlerin Anne est partie sur le chemin, son âne au creux de la main.
+B Hors Programmation ROGER DEMASY
L'artiste belge Roger Demasy présentera à l'Atelier à partir de demain 7 janvier 2011 (vernissage à partir de 18h30) une série de bijoux montrés à Liège récemment autour de sa passion pour Klimt. Un petit triptyque, d'autres bijoux ainsi que des céramiques compléteront cette présentation pour la première exposition de l'artiste à Bordeaux.
Vous êtes conviés à nous rejoindre pour un moment convivial et fêter ainsi la nouvelle année.
L'exposition se prolongera ensuite jusqu'au vendredi 14 janvier 2011 et sera ouverte au public de 11h à 19h.
+25 adensI (seconde exposition personnelle)
Denis Thomas : Surfaces Urbaines (par Julie Creen 0ctobre 2010)
Vivre dans une ville. Traverser un espace et rendre compte visuellement de son expérience avec le lieu, tel est la volonté de Denis Thomas. Il réalise ses premières images en 2005 et prend conscience de ce qui l’entoure et des motifs qu’il va photographier de manière systématique. Il procède à ce qu’il appelle lui-même un travail relevant « plus d’une obsession qu’un désir d’inventaire ». Denis Thomas photographie de manière boulimique les rues, les passages et les passants pour peut-être aller à sa propre rencontre.
Dans cette perspective, il a choisi de fixer son œil et son objectif sur Bordeaux, qu’il parcourt de fond en combles pour y faire surgir sa vision de la ville. Ses images présentent un monde urbain comme suspendu dans le temps, déshumanisé. Si la figure humaine est présente, elle n’est que fantomatique, mécanique ou trop pressée. Denis Thomas s’attache aux détails d’un environnement quotidien, un vélo, un trottoir ou une fenêtre. Les petits riens que nous ne prenons pas suffisamment le temps d’observer dans nos élans toujours trop rapides.
Bulle choix voir savoir répétition contemplation soulagement chose renouvellement découverte exploration repos mémorisation partage machinité pensée prétention domestication accumulation monde matérialisation illusion magie image pudeur admiration. (D. Thomas, 20 mai 2010).
Denis Thomas a ressenti le besoin de parcourir la ville et d’en fournir une image aux facettes multiples. Il ne se définit pas comme un véritable photographe mais comme un individu exprimant son point de vue sur ce qui l’entoure. Son travail possède un caractère instinctif, qui s’inscrit dans celui des artistes marcheurs. Marcher dans les rues et attendre de la ville qu’elle nous livre ses secrets et son intimité. Denis Thomas fait l’éloge du banal. Sur ses pas nous rencontrons un mobilier urbain désincarné, invisible et pourtant ancré dans nos paysages quotidiens.
Des hommes au travail, réduits à des uniformes et des postures mécaniques. Des chantiers de démolition et de construction que l’objectif de Denis Thomas a fixé dans le temps. Les portes et les devantures des magasins sont fermées, les maisons sont abandonnées, abîmées, les rues sont vides. Ses images urbaines de matériaux, de couleurs et de textures hétéroclites nous rappellent parfois les compositions de peintures abstraites. Il s’amuse avec la géométrie des éléments et des textures matérielles que lui offre la ville. Murs, dallages, carrelages, bitume, faïences, mosaïques, ciment, peintures et ferrailles semblent fusionner dans un univers désertique où l’homme paraît avoir soudainement quitté les lieux. Le photographe accentue un « systématisme » avec la récurrence des motifs : carrelages, mauvaises herbes, sols, pas de ports vidés, frontalités, objets inanimés, orthogonalité, etc.
Il dit d’ailleurs : « L’homme a besoin des systèmes, qu’il crée, comme il a besoin de les détruire. Disons que le reste est de l’ordre du hasard. » S’il entre dans les halls et les couloirs des bâtiments rencontrés lors de ses balades, Denis Thomas rend compte de la fuite humaine. Les lieux sont vides et se dégradent progressivement. Certains sont en cours de destruction, ils sont figés et les matériaux brisés nous apparaissent comme des blessures profondes.
En tant qu’architecte d’intérieur de formation, Denis Thomas, exprime une nécessité personnelle de faire le constat désarmant, du gâchis et de l’abandon de lieux livrés à eux-mêmes. Pourtant, de temps à autre jaillit une lueur d’espoir avec l’apparition, quasi miraculeuse, d’un oiseau ou d’une plante qui tente de se faire une place sur le bitume aride. Ces « mauvaises herbes » qui survivent sur nos trottoirs et que nous ignorons consciemment. Denis Thomas nous amène à ouvrir véritablement les yeux sur notre environnement quotidien, sur ces petits riens qui sont en fait des signes de vie dans ses photographies.
Tout ce qui se trouve dans mon champ de vision est bon à voir. Toutes les lumières sont belles à raconter. Ce qui importe à mes yeux, c’est l’instant, guidé par le désir de voir. Puis, s’opère le cadrage, le donner à voir, afin d’immortaliser. (D. Thomas, 29 oct. 2010).
Depuis plus d’une dizaine d’années, il partage une relation duelle avec Bordeaux. Une ville qui lui a d’abord paru « austère, bourgeoise, refermée », qu’il a appris à apprivoiser au fil du temps. Dans ce dessein, Denis Thomas a décidé d’arpenter la ville pour produire une image de ce rapport à la fois conflictuel et tendre avec sa ville d’adoption. Il fabrique ainsi une mémoire instantanée des lieux qu’il traverse. « La photographie a ceci de magique, dans l’instant, elle peut aller aussi vite que la pensée humaine. » À travers son œil, nous assistons à une lente métamorphose urbaine, entre constructions et destructions. Denis Thomas partage par le biais de ses images, non seulement des morceaux de l’histoire des rues et des bâtiments (anciens comme contemporains) Bordeaux, mais aussi son histoire personnelle avec la ville. Une histoire révélant un rapport quasi intime avec chaque recoin et détails d’une ville fourmillante de joyaux de l’insignifiant qu’il nous fait découvrir. Son œil qui pour l’instant est concentré sur Bordeaux, nous promet de nouvelles images au fil des autres villes, des autres territoires qu’il rencontrera à l’avenir.
+26 William Acin
William Acin : L’art est un jeu. Excusez-moi si certains le prennent pour un travail. Or je vais me perdre si je vais chercher la dent qui manque avec ma langue, sans guide valable, Ni obscur complice pour oser l’ouverture de cette bouche, Car aujourd’hui le fossé est immense entre les générations qui ont de l’argent entre les dents (par Christophe Massé 10 février 2011)
« Cette menace toujours active, précise, déjouée, contrôlée, comme on contrôle le vertige de l’aplomb ou de la chute et qui jette son timbre noir dans le sel, la cendre, la fureur moins contenue qu’avant elle.. » Jacques Chessex
Entracte. Une des premières expositions Sous La Tente en 2008 était consacrée au travail de Charlie&William. Deux artistes qui travaillent côte à côte. J’aime les deux personnages. Après l’exposition William (Acin) a demeuré assez proche de La Tente et des manifestations proposées. J’ai pu lentement me rapprocher de lui aussi et saisir au passage certaines autres facettes, un peu comme on pourrait glaner des renseignements pour chercher sur un itinéraire son chemin. Et puis un jour, j’ai rêvé que nous nous entretenions sur Facebook, j’ai fabriqué ces messages je voulais en faire un remix puis plus tard j’ai proposé à une autre personne d’écrire sur William, elle n’avait pas le temps. Et puis j’ai relu mon tout, j’ai trouvé que ça ressemblait à l’idée que je me fais du travail de William. Un arrêt sur le temps, sans pousser la devinette, sans se complaire dans le jeu de mots, tout en ambiguïté, et celle là se passe difficilement d’amour, c’est comme lire entre les lignes du chemin de fer. Un train sur mille n’en cache pas un autre.
Entretien fictif sur Facebook N°1 OR.
13:32 Christophe Massé : Hep ! Est-ce que tu es passé à l'atelier ?
No 'y es cet aprèm ?
CM : Je n'y vais pas, je reste chez moi
WA : Bon, tant pis
CM : Je voudrais te parler d'un truc
WA : Une expo? Un voyage?
CM : On peut le faire comme ça, si tu as (cinq) minutes
WA : Ok, vas-y !
CM : Une exposition Sous La Tente en février 2011
WA : Quand? Ok c'est tout ?
CM : Qu'est ce que tu proposes ? Non ! Ce n’est pas tout enfoiré !
WA : Une installation avec un petit mur ou un carré au mur de langues de bois, plus des ombrelles multicolores à la manière des mais landais, plus une vidéo, je ne sais quoi encore…
CM : Je pense te laisser bien plus de « place »
WA : Le tout intitulé ; la politique culturelle sous une ombrelle c'est déjà bcp
e suis ravi que tu acceptes. Je voudrais un peu approfondir avec toi mais je sais que ce ne sera pas possible
WA : Ses langue de bois et ombrelles sont juste un début, c'est du william acin
CM : Ecrire un truc supplémentaire (de qualité inférieure)
Sur ma pratique?
CM : Oui je comprends, j'aime le william acin. Oui sur ta pratique ; des tics et ton fond, faire un temps le point, sur tes motivations, et dépasser le stade de l'exposition avec une interview comme si tu étais à la retraite.
WA : Des tics oui mais attention à l'étiquette
CM : Trouvons le temps pour fixer la date exactly et discuter un peu un de ces 4. Je te remercie pour ce temps accordé
WA : Y aura t il des bigotes ou une chorale de chasseurs ? Un truc drôle je passerai dans la semaine. Bye.
CM : Je sens que je vais me régaler. Yes avec plaisir
WA : Ma première exposition personnelle
CM : Merci, flatté, touché. Alors encore plus je vais trouver un sponsor diabolo menthe hi ! hi! Finalement nous nous sommes revus une fois et la Garbure est restée au centre des préoccupations de cet artiste pas comme les autres.
WA : Actuellement je bosse sur une vidéo, moitié vidéo art, mais surtout d'entreprise. Pour une entreprise d'éolienne, ça paie un peu, le minimum, mais c'est pas drôle, après je m'atèle à l'exposition pour chez toi.
CM : Et c'est dangereux… Elle est haut l'hyène
WA : Je vais faire aussi un roman-photo en partenariat avec le Cnrs. Dangereux aussi.
CM : Non ça c'est bon !
WA : Hum, alors là ! Bonjour la vulgarisation scientifique !
CM : Eolienne c'est le nucléaire inversé. Il pète tout d'abord. Pour construire des merdes (très belles et géantes) des étrons à hélices. Mais en sous-sol…
WA : Très belle 50 mètres, mon trou à la banque aussi
CM : J'avais compris les sauveteurs en mer Unss.
WA : Cnrs
CM : J'ai trouvé un boulon d'éolienne. Je n'y vois plus trop bien. C'est pratique pour lire aussi ce que j'ai sur le compte.
WA : Je comprends pourquoi certaines dysfonctionnent et pètent
CM : J’ai trouvé au bas de l'une d'entre elles. Cela venait de tomber. Tu prends ça sur la tronche tu descends dix mètres sous terre ! Chez moi il n’y a que ça dans le paysage, des milliers partout, et plus un oiseau dans le ciel
WA : Bon j'y vais ! On se (re)contacte et on voit pour l'exposition
CM : Yes
WA : Sinon quelle place me laisses tu? Une pas trop grande ça ira. Un mur ou une partie de mur 7 ou 8 ombrelles raffinées.
: L'espace en entier. On en reparle
WA : C'est ma dernière chance, après je fais prof, tant pis
CM : Non. Tu parles d’une chance Sous La Tente ? Tu peux faire des tas de choses. Pour résister. Tu es un artiste.
WA : Tiens vas visiter l'exposition à L'espace 29, c'est Emmanuel Aragon qui présente une installation avec du texte si t'as le temps (si il y en a trop d'artistes)
CM : Oui j'irai faire un tour. Et des profs ex artistes qui se mordent la queue aussi il y en a plein
WA : ah ah !
CM : Il faut croire en ce que l’on fait ça finit par fonctionner même si l’on vivote toujours ! C'est la liberté en conditionnelle mais une belle liberté.. et ne pas compter faire de trop vieux os..
WA : Hum, on verra bien..
Bye tu es ton maître, ton maître décolle
WA : C'est ce qu'a voulu dire le petit chat à qui j'ai ouvert la porte ce matin
CM : Le chat botté aujourd'hui en touche
CM : Peaufiner c'est aussi voir dans les recoins
WA : Sur je passe dans la semaine. J'étais hier flirter avec les objets gadgets d'Eurasia
La mauvaise camelote de Chine en toc
WA : Les bons colons
CM : Le cancer du colon mérite un dépistage ! Envoyez le Nuoc Man ! Que des titres d'expositions et de romans. Série B à Bacalan
Le bassin de la rivière kway
CM : Soja Chartrons
WA : Ca donne le Tourny
Le nem et la lamproie. Pas de sushi pour Mister Le Maire
WA : à gauche ils sont pareils
CM : Pire ! La droite t’explique qu'elle est en train de te n…. La gauche te fait croire qu'elle va te trouver du boulot. Apocalypse Garonne
Jamais vu autant de types qui perdent la boule. Tramway voyage au bout des malheurs Aubiers/Saint-Jean !
WA : Au bout de la nuit. T'inquiète ils vont bien nettoyer pour les parisiens qui vont aller travailler tous les jours avec 1h30 de trajet
WA : Bon dimanche. Bon siècle
WA : C'est l'an 2000
WA : Tu es encore là ?
CM : Oui
WA : Ah alors Je viens de voir une vidéo sur Pennequin tu l'aimes lui ? Tu crois que c'est un poète, lui ? Moi pas
CM : J'écris un petit roman je suis le plus possible sur l'ordinateur
Non j'aime pas l’écriture de Pennequin, mais j’ai feuilleté seulement.
WA : Au moins on sait où il a apprit a crier celui la! J'ai un livre à lui "mon binôme" j'ai rien compris et toi il a un titre le tien ?
11 :00 CM : C'est un bon titre ça LE MIEN
11 :01 WA : Qu’est ce qu'on écrit quand on est écrivain ?
CM : J'ai lu le début de comprendre la vie je n’ai pas aimé. Je ne sais pas ce qu'on écrit.. j'écris ce que je fais et ensuite je mêle des souvenirs et je recompose etc.. Jusqu’à ce que cela ressemble à une poésie. J’aime trop la poésie. Mais je ne sais pas vraiment comment il faut faire pour en écrire.
WA : Hum
Je tisse une toile sur laquelle, dans laquelle se trouvent des strates de l'observation et du souvenir, du social et de l'intime
WA : J'aime jouer avec les mots et leur signifiant type : L'EXOMILLETUNENUIT
WA : Ca va mieux comme ça ?
11 :09 CM : Oui mais c'est trop à la mode, dans l'air, tout le monde fait ça. C'est comme les titres des fanzines d'il y a vingt ans. Il faut sortir de ces trucs tout en les gardant avec soi
Excuses ! Tu ne dois rien.. Mais c'est évident qu'il faut se poétiser.
WA : Stop ! J'en ai un autre sous la coupe : LIDL DES JEUNES
CM : La poésie c'est la différence chacun à la sienne réellement. Lidl des jeunes c'est sur une assiette de charliewilliam
WA : Hum !
Auchan la vie ! Duchamp les patates
ahahi
Hé ! Haut lien
Ho ! Je passe bientôt, quand même
Je suis chez Isidore Krapo demain et ensuite un peu à l'atelier la semaine prochaine tu viens quand tu veux. N’apporte rien ni vin, ni rien.
Belle sculpture en chambre à air parait-il ? Bien.
Oui magnifique. J’aime beaucoup ce travail. Marie-Madeleine Lacoste. Merci d'avoir éclairé la tente. Deux jeunes forts sympathiques sont passés de ta part
Pour chez toi je bosse sur un ange olivier
L'huile d'olive, la base de la cuisine artistique, du sud et je suis né rue de l'Ange à Perpignan
Plastique gris de marque Renault, agrémenté de fleurs en papier crépon blanc raffiné
Oui l'ange de Flins
Je le présenterai et la photographie de son installation. Je ne connais pas l'ange de Flins
D'ici là tu auras peut-être une autre idée
Hum ! Celle la sur déjà. D'autres peut-être aussi
Renault/Flins dans les Yvelines anges heureux les ouvriers à la chaîne
Parfait
Convoi d'anges heureux c'est pas de moi hi ! hi !
L'installation photo de l'objet dans une station a essence désaffectée au bord de la route au nord de mont de Marsan
CM : Je te fais confiance et suis ravi de te savoir en censuré et en pleine sensation plastique
très ornemental et anti-nucléaire
Ca me plait, j'aime le décoratif, le motif, la photographie, le désaffecté, william, et même aussi d'autres choses
T'as pas un plan pour louer maison plus jardinet?
Je regarde autour de moi et je te tiens au courant combien tu peux mettre
WA : 3500 euros max
Le jardin public avec une cabane pour les râteaux ou un carré pour faire pisser le clebs avec un F3 modulable en Studio. Je te dis si je flaire un coup tu peux compter sur moi (le temps a passé et je n’ai rien vu)
Bègles Pessac Floirac ok ailleurs aussi Stalker
très bien
et tomate
CM : Sur tomate tu as Bologne ou cherche jardin Marmande pour petite tomate en mûrissement. Paul Newman cherche William pour tomato ketchup
un peu
tournicoti tournicoton
zébu
ça fait pok aussi quand tu as un message ?
oui
à bientôt je refile sur mon roman
Baisse l'enceinte. À plus.
Enceinte.
WA : C'est aussi une image
deux images : la vierge et l'ordinateur oui une image en fait
pilou pilou
La vierge enceinte et le computer qui poke
c'est la même chose
UN BON POUR LE FRic Frac enterpise
Enterprise corporation
et le fric du frac dans notre froc
FFF fédération française de Fric
WA : fédération française du fond
le filon
Je te laisse, je vais voir ma psychiatre.
non ou oui ?
SLT
à bientôt
Entretien fictif sur Facebook N°3. CAR.
- bonsoir, t'as vu le pdf?
CM : Oui c'est les photos vues à l’atelier.
WA : alors t'as fais ton choix ? C'est pour l'encadrer.
CM : Pour L. Je crois que ça n'ira pas je vais venir voir autre chose.. Pour Sous La tente oui si tu veux en mettre une ou deux
WA : Ah bon je suis déçu.
Je te dis ça mardi de visu il faut regarder. Non ne sois pas choqué. Ce n'est pas une question de boulot c'est une vue d'ensemble
Bon, on verra mardi, vers quelle heure déjà?
CM : Vers 17H30 ça te va ? Je dois aller au tribunal en sortant je vais à 29e tu es ok ?
Ok bonsoir
Ne reste pas sur cette idée, on va parler je dois t'expliquer le fond
Je vais commencer le texte pour ton exposition aussi.
(Je n’ai plus vu William Acin. Certains disent qu’il est quelque part dans les Pyrénées pour fêter l’Anniversaire de sa maman ; d’autres me confirment sa présence devant les tigres de la ménagerie Gruss mais j’y étais et je n’ai rien vu. On va voir. Je pars au Mans chercher la vérité qui n’existe pas et peut-être il y aura une exposition le 28 de ce mois de février Sous La Tente. Elle est programmée par un professionnel du sabordage et un artiste en devenir avant qu’il ne soit trop tard or ni car pour l’un et pour l’autre).
À Charlie.
+27 MARLAINE BOURNEL (seconde exposition personnelle)
Marlaine Bournel: Laboratoire d'observation pudique (par Christophe Massé 16 avril 2011)
Alors que Sous La Tente est en partance vers sa nouvelle station, le cycle de 4 secondes expositions personnelles (Anne Dubois-Kremer - adensI - William Acin - Marlaine Bournel) s'achève par l'installation de cette dernière. Marlaine joue un rôle particulier Sous La Tente; prépondérant. Elle est la première a avoir présenté un programme (Enora Lalet, Céline Michelena, Carnets d'artistes.. qui se poursuit prochainement) tout en présentant son travail personnel dans le lieu (Adoption des chaussettes). Démocratisant cette idée du partage et de la rencontre tout en tissant du lien nouveau (Quand un artiste a son mot à dire dans la programmation). Elle a opté pour sa seconde exposition personnelle et nous révélera d'autres pistes qui mènent... pour que nous puissions avancer et comprendre sur son sentier son implication; et dans le monde artistique bordelais, et dans son rapport à l'autre, comme vis à vis d'une société, qu'il est devenu commode de nommer; celle du spectacle.
J'étais parti pour écrire le the texte. Elle a freiné l'élan dans sa pente. La surprise dans notre société spectaculaire n'a plus cours tant nous devons tout savoir avant de nous rendre compte par nous même. Nous nous devons de respecter, de demeurer dans les bordures des cadres, au centre des marges; si toutefois nous sommes dans ce périmètre, ou bien au contraire, d'exploiter cette belle courbe, comme dans un Port de la Lune catapulté patrimoine Unescien avec l'ensemble de sa périphérie, mais en aucun cas d'en découdre avec ce tissu léger qui accompagne le foisonnement de la chair dans son empaquetage. Dans une ère portée par les ambitions fastoches et le commerce triangulaire: médias publicitaires - produits culturels dérivés - lieux subventionnés, nous avons besoin d'air nouveau. Pas forcément de l'oxygène de la montagne mais d'un air, d'un ton, d'une attitude soutenus et la chronique de votre serviteur pré et post intervention doit, elle aussi, être rafraîchie, débroussaillée, rendue plus habitée pour que vous puissiez partir explorer dans les méandres des propositions plastiques, l'univers de chacun des artistes.
Je vais donc juste écrire que le projet Houce de Marlaine Bournel est construit comme (enfin !) dans cette part de travail introspectif de l'artiste, lié au sentiment puissant cette fois, de privilégier autant la forme que l'idée. C'est à dire souvent ce qui me rapproche de l'Art dans toute sa quintessence jolie, là où sommeillent des concepts de plus en plus élaborés. Je me suis souvenu des esthétiques confrontations de mon enfance et des claques prises devant un Jean-Michel Atlan par exemple comme quarante ans plus tard devant le travail de Juan Munoz.
Marlaine Bournel n'a pas souhaité que je m'extasie sur son installation, ni n'en dévoile les coutures et les broderies. Je voulais offrir ce texte. Il n'en sera rien. Je voulais me glisser dans les interstices sous les portes, entre la doublure et l'étoffe, observer la lumière en dedans, me réchauffer les pieds dans l'âtre un instant. Impossible. Je sais ce qu'il va se passer et pourtant je reste muet. L'artiste va me mettre dehors, alors que je pensais réellement séjourner au chaud dans son concept. C'est le tout bon des instants Sous La Tente. Le passage.. au moment ou l'invité réalise qu'il a la main et va dérouler son fil de soi.Ce merveilleux moment où je m'écrase. Marlaine Bournel n'est plus invitée, elle est désormais une partie de la toile de la tente. Et vous allez être témoins acteurs et passeurs encore une fois mais d'une autre façon.. peut-être celle que je préfère. Donateurs, modestes, silencieux et spectateurs.
NB: à Frédéric spécial dédicace.
+28 DOUCE LARTIGUE
Douce Lartigue (par Marlaine Bournel juin 2011)
Voici l'injonction menaçante que l'on peut entendre ou lire dès que l'on approche d'un peu trop près une oeuvre dans une salle d'exposition. Le travail de Douce Lartigue, qui a appris le braille, place la question du toucher "réel" au centre de sa pratique sculpturale. Partant du constat d'un manque de médiation et d'outils pédagogiques pour les malvoyants, elle consacre sa réflexion à la manipulation... A la fin de ses études à l'école des Beaux-Arts de Rennes, Douce Lartigue s'installe à Paris et développe une pratique qui prend la forme de livres-objets en braille, puis de séries d'objets d'art à cajoler, caresser, dorloter, domestiquer... Pour elle, le toucher fait sens d'abord. C'est donc par là qu'elle entame et aborde la plastique, afin de transmettre son amour de l'art en utilisant de véritables outils pédagogiques qui accompagnent la médiation d'oeuvres destinées à être appréhendées autrement.
De ces outils aux objets d'art à manipuler, elle se positionne en traductrice pour non et malvoyants. Ses recherches nous atteignent aujourd'hui par « une plastique du tactile ». Douce Lartigue interprète le braille afin de le recevoir en une véritable expérience esthétique.
+29 JEAN-CHRISTOPHE SEKINGER
Choses vues (par Jean-Christophe Sekinger Floirac, le 17 juin)
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Dessiner ce qui apparaît, conformément à ce que j'éprouve, « une forme de “mise à distance” de la conscience face au “désenchantement” du monde. », mélancolie. Je n'ai pas encore pu faire autrement. Fruits, boîtes, livres, lieux communs: par chacun traversés. Ces dessins ouvrent comme des puits.
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Épurer ce dessin à l'encre de chine.
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Imprimeure Terre de Sienne, à l'huile.
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Peinture en détrempe à l'œuf: percer la coquille d'un œuf entier, souffler. Agiter le bocal. Dans la coquille, vernis épais comme le miel, eau bouillie. Agiter le bocal. Laisser traîner la coquille vide.
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Grisaille: rehauts de blancs, gris vaguement colorés, ombres translucides. Glacis, vélatures, pendant des jours.
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Moins peur, couleurs.
Choses lues
« Les œufs font partie du processus de toute Création » (En réaction à un de mes textes : Anne-Angélique Meuleman, sophrologue et agrégée de philosophie)
« Enfin quoi ! Quel besoin y aurait-il à dire quoi que ce soit à propos d'une peinture qui ne vise que le silence ? Ça suffit comme ça les contradictions, on en a soupé ! » (Par email : François Matton, écrivain, dessinateur)
« Ta peinture, c'est pas des bibelots. Il faut bien la cadrer. Comme nous » (Par téléphone : Vincent Landragin, ébéniste et tailleur de pierre)
« Ta peinture, elle est cucu » (En rêve : Antoine Nivelle, peintre et restaurateur de tableaux)
+30 MAGALI RIZZO
Magali Rizzo: Lumière & simplicité, convictions par le chas de l’aiguille.
(par Christophe Massé 2011).
Aperçu sans se retourner les éléments qui ramènent au temps des enluminures de l’enfance, dans les herbes adventices du jardin, des fils de lumière d’un gyrophare courent.
Il est presque Minuit. D’une tente un homme sort. C’est la Belle Epoque qu’il croise et l’heure des ultimatums se rapproche. L’art toujours mieux que L’art.
À Malvina
Simplement avec du fil
Aujourd’hui nous pouvons pénétrer rapidement, il me semble, avec une plus grande souplesse qu’auparavant, dans le travail d’un artiste abordant, dans son champ d’investigation, avec simplicité, l’aspect de ce qui pourrait être sa picturalité. Et ceci peut-être, est le fait que d’autres artistes en défrichant toujours avec simplicité ont ouvert la voie pour nous permettre de nous sentir légers vis-à-vis de démarches qui réunissent des ensembles à la fois, comme: une occupation du terrain, une énergie spirituelle, une prise en compte sociale, la force de l’évocation.
C'est le cas pour moi avec Magali Rizzo ; je découvre dans son travail le surprenant résultat d’un effort de simple patience. Je le découvre aussi avec patience.
Tout de suite j’ai aimé le lien direct entre l’idée d’origine, un matériel donné et son aboutissement.
Tout de suite j’ai ressenti une infinie poésie traduite par le fil.
Récupération d’une idée, puis exercice méticuleux.
Enracinement dans l'archaïque position, les yeux baissés sur l’ouvrage.
Le temps et ses minutes s’égrènent. Il est important de faire attendre.
Minutie, persévérance, engourdissement, tétanie des doigts, souffrance.
Détermination.
Philosophie, sagesse, précision et environnement bucolique.
Elle entretient au fil de son temps une progression vers l’ailleurs, en conservant le sujet blotti au cœur de son écheveau. La représentation immédiatement portée ailleurs.
Mais je n’avais rien vu avant le bec d’Ambés
On ne rencontre pas une personne. Une rencontre n’a peut-être pas d’intérêt, seulement si on rencontre un travail avec, en même temps, plus loin. Et si on rencontre un travail, c’est d’une certaine façon que l’on puisse croiser deux sources de travail qui en font une en s’enchevêtrant. Voici non seulement une aubaine, mais la configuration d’une partie de l’extase qui se prolonge en soi longtemps. Le tueur de trouble.
Certes il faut être dans des conditions adéquates et souffrir de quelque chose pour être en condition pour ce type de rencontre. Peut-être l’Art nous touche tellement qu’à partir de cet instant, des choses s’imbriquent pour la passion, la même qui fait aimer l’alcool.
En tous cas j’ai été touché par les deux images proposées par Magali Rizzo et qui finissaient par n’en faire qu’un. Un travail. Des versions originales.
Une position de deux.
Une image projetée par des moyens contemporains de la technique. Scannée, posée je ne sais où, renvoyée par le faisceau lumineux d’un projecteur relié à un ordinateur.
L’image découpée d’un lion. D’une tête de lion. Plus précisément, une ombre chinoise de la tête agrandie d’un lion perforant la première vitre du lieu pour se trouver sur le mur incluant une partie du radiateur et son ombre.
Et l’autre image à condition de penser cela dans ces termes alors qu’il s’agit bien là d’un drap accroché dans l’espace, éclairé de derrière par la lumière venue d’un spot dont on apercevait l’ampoule et le fil courant sur le mur jusqu’à la prise. Le drap était brodé par l’artiste, il était fait de deux parties : une comprenant la tête et le buste d’un homme allongé et l’autre les jambes.
C’est de cet agencement qu’en gicla toute la poésie. L’intérêt de percevoir ce temps au-delà d’une histoire imposée jaillissait de la plus haute marche de l’esprit. Le partage des sentiments allant de l’un à l’autre ; de l’un pour évoquer la Jungle à ferraille, de l’autre celui diffus de toute la tendresse qui court après le fil et les heures répétées d’engourdissement à croire et penser qu’une vie passe par ce chas.
Je vois le Bec d’Ambés aujourd’hui de la rive droite de l’estuaire de la Gironde. La force d’un paysage me ramène à la puissance esthétique et poétique de l’Art. Son inéluctabilité et le choix ou non d’aller. Chaque molécule prendra sa charge dans le flux, à la séparation des courants, comme des images. Un point de vue dans l’abstraction du temps prendra sa source, et nous, nous devons nous en rendre compte.
Il ne reste rien jamais des instants sur les balançoires. Le souffle frais de l’air dans les cheveux et les yeux, desquels coulent des larmes qui sèchent en même temps sur les joues de l’enfance.
Le pavillon des expositions n’est qu’un aléatoire moment dans la vie d’un créateur comparé aux heures dans soi.
Magali Rizzo saute du strapontin de l’histoire du tissage, un pied sur les marches en velours de la salle obscure, elle se prépare à rassembler ses draps pour partir.
+31 RéGIS PERRAY
une vue de la présentation de Régis Perray sous la tente (dr adensI 2011)
+32 LIONEL BUISSON
Des exercices ...
Première exposition, Sous La Tente.
Franck Garcia.
une vue pendant l'exposition Lionel Buisson Sous La Tente (photographie Anne Dubois-Kremer)
+33 SARAH BARTHE
2008
+1 Rustha Luna Pozzi-Escot le 28 juin 2008, 104 visiteurs.
+2 CharlieWilliam le 28 septembre 2008, 103 visiteurs.
+3 Patrick Rabiller "zap collection" le 10 octobre 2008, 30 visiteurs. Off.
+4 Adensi "Géopsychographie" le 28 octobre 2008, 33 visiteurs.
2009
5+ André Valensi le 15 janvier 2009. 37 visiteurs. Off.
6+ Hubert Lucot le 28 janvier 2009. 19 visiteurs.
7+ Anne-Gaëlle Ponche le 10 avril 2009. 47 visiteurs. Off
8+ Anne Dubois Kremer "L'attente" le 28 avril 2009. 75 visiteurs.
9+ Anne Calmels/José Luis de Juan le 28 mai 2009. 8 visiteurs pour la lecture. 18 pour l'exposition.
10+ Marlaine Bournel le 28 juin 2009, 58 visiteurs.
11+ Martial Bécheau "Live Sous La Tente" le 28 Septembre 35 visiteurs.
12+ Patrick Genty 'Transhumance"le 28 Octobre 57 visiteurs.
13+ "à côté" Les Sous La Tentiste Sous La Tente, exposition collective: Adensi, Rustha Luna Pozzi-Escot, Anne Gaëlle Ponche, Patrick Rabiller, Patrick Genty, CharlieWilliam, Anne Calmels, Anne Dubois-Kremer, Marlaine Bournel, Hubert Lucot, Martial Bécheau. Exposition du 10 au 20 décembre 2009, 81 visiteurs. Off
2010
14+ François Robert le 06 février 2010. 48 visiteurs. Off.
15+ Jo Brouillon le 27 février 2010. 78 visiteurs. Off.
16+ Enora Lalet "cooking faces" dans le cadre de Sockstour programme de Marlaine Bournel le vendredi 12 mars 2010. 63 visiteurs.Off.
17+ Patrick Varetz "Jusqu'au bonheur"le samedi 27 mars 2010. 29 visiteurs. Off.
Patrick Varetz présenta Jusqu'au Bonheur quelques heures avant à La Librairie La Machine à Lire devant une trentaine de personnes.
18+ Présentation des Sous La Tentiste au grand complet pour l'exposition de Christophe Massé au Kunsthaus Rhenania à Köln en Avril/Mai 2010
19+ Claus Dieter Geissler "Ikea Favela"le vendredi 28 mai 2010. 67 visiteurs.
A+ Hors Programmation dans le cadre du Festival Multiples "Uturn" de Julien Beau et Matthias Van Eecloo le 7juin 2011
20+ Céline Michelena dans le cadre de Sockstour programme de Marlaine Bournel le vendredi 11 juin 2010 49 visiteurs. Off.
21+ Charles Duboÿ le vendredi 1er Octobre 2010 (Off) 76 visiteurs. Off
22+ Marie-Madeleine Lacoste le 28 octobre 2010 62 visiteurs
23+ "Car.. nait, carnets" dans le cadre de Sockstour programme de Marlaine Bournel: Jo Brouillon, Franck Garcia, Carine Tarin, Isidore Krapo, Marie-Madeleine Lacoste, Carmen Herrera Nolorve le 19 novembre 2010
24+ Anne Dubois-Kremer le 29 novembre 2010 (seconde exposition personnelle)
2011
B+ Hors Programmation Roger Demasy du 7 au 14 janvier à l'Atelier
25+ adensI "Je suis" le 26 janvier 2011 (seconde exposition personnelle) Off
26+ William Acin "Or ni car" le 28 février 2011
27+ Marlaine Bournel "Houce" 28 avril 2011 (seconde exposition personnelle)
28+ Douce Lartigue le 18 juin 2011 "Prise de Contact" dans le cadre du programme de Marlaine Bournel Off
29+ Jean-Christophe Sekinger le 28 juin 2011
30+ Magali Rizzo le 28 octobre 2011
31+ Régis Perray "Un tapis sous la tente" présenté par adensI le 26 novembre 2011 Off
32+ Lionel Buisson huiles sur toiles présenté par Franck Garcia le 10 décembre 2011 Off
33+ Sarah Barthe présentée par William Acin le 14 janvier 2012 Off
34+ Joseph Maureso






































